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 June, fiche deux | En cours de construction |

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Galahad D. Azarov
Le vrai génie sans coeur
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Date d'inscription : 07/03/2009
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MessageSujet: June, fiche deux | En cours de construction |   Mer 8 Juil - 4:08

Votre Personnage



    Nom:
    Un nom qui peut paraître disons familier, après tout il n’est pas ardu de se rappeler de ce dernier. Le garçon se prénomme Canterburry, celui qu’il a toujours porté depuis sa plus tendre enfance et qu’il n’a jamais cessé d’user de sa jeune vie. C’est également une ville anglaise à une consonne près ce qui est, somme toute assez étrange. Il n’a aucune signification particulière ou tout du moins pas à sa connaissance. Il est vrai que cette appellation ne semble guère japonaise, et encore moins asiatique et encore une fois vous auriez raison sur ce point. L’adolescent est anglais, ce qui explique ce patronyme peu commun dans ces contrées ardentes.

    Prénom:
    Un prénom un tant soit peu trop féminin au goût du tout jeune protagoniste, néanmoins quant il fût né, on ne lui avait pas demandé son avis. Le sobriquet était déjà décidé depuis quelques temps, et il n’était point à l’ordre du jour de le changer. Celui-ci est June, quatre simples lettres, le mois de Juin en anglais, le mensonge dans une langue ancestrale et certainement oublié depuis. Ecrit comme cela, sans ambiguïté. Sa seconde dénomination est Rose, un prénom bien étrange dirons-nous. Il est vrai qu’il est plutôt rare, que ce soit dans quelconque pays. Ce n’est pas tant le fait que ce soit un prénom recherché. C’est surtout que pour un homme, porter un tel nom est en soit bizarre. Il s’en moque et l’ignore, la plupart du temps. Il ne l’apprécie guère et c’est sans aucun doute pour cela qu’il note toujours la simple lettre « R », si le besoin s’en fait ressentir. Il n’a nullement de troisième patronyme, bien trop inutile. Enfin plutôt, il en possédait d’autres, mais les a tout simplement oubliés dans le fil de son histoire et puis après tout, qui s’en préoccupe ? Un seul prénom est utile, les deux autres (ou l’autre dans ce précis) ne sont là que pour rajouter un quelque chose futile.

    Age/ Date de naissance:
    A voir le jeune homme et à son visage juvénile, on pourrait le croire à peine sorti de l’enfance. Cependant il serait fort factice de le qualifier de la sorte puisque l‘on peut dire qu‘il est encore à peine sortie de la dure période qu‘est l‘adolescence. En vérité, June a seize ans et demi. Et oui, « et demi», un détail bénin, mais qui a tout de même une maigre importance, du moins pour lui. Pourquoi demandez-vous ? Qu’en sais-je moi ? Après tout, il se dirige lentement vers ses dix-sept ans. Né un certain dix-huit Mai, l’année lui est floue, il s’en fiche bien après tout. C’est vrai, qui se préoccupe de l’année de naissance, c’est d’une telle insignifiance. C’était une journée lourde, et pourtant, il pleuvait, comme presque tous les jours dans la belle ville de Londres. La grande horloge de Big Ben venait de sonner les quatorze heures à coups prolongés et réguliers. Pendant ce temps, l’enfant naissait, quelque part dans un manoir luxueux, protégé des regards très certainement indiscrets, entouré uniquement des personnes qui l‘aimaient ou pas. Bref, ses dix-sept sont tous proches, mais cela ne lui fait rien de le savoir.

    Orientation sexuelle:
    Pour tout avouer, le jeune homme ne s’est jamais posé cette question quant à sa sexualité et d’ailleurs il s’en moque bien. L’amour est quelque chose de bien trop compliqué pour lui et il préfère ne pas s’y mêler. Son image de l’amour n’est que souffrance. Il faut dire que ces relations n’ont jamais été particulièrement heureuses. Surtout celle avec un dénommé Kamille. On dira ce qu’on veut de lui à ce sujet, il ne s’en préoccupe point. Du coup, l’adolescent est plus que bisexuel qu’autre chose. Il est toutefois plus homosexuel, il faut l’avouer bien qu’il soit sorti avec une ou deux jeunes filles. Pourquoi cette préférence ? Aucune idée. Mais après tout, il ne fait aucune différence entre les hommes et les femmes.

    Nationalité:
    Comme l’est déjà évoqué, le protagoniste est anglais, et a vécut au pays jusqu’à ses sept ans environ si ses ténus souvenirs ne lui mentent point. C’est ce pays, son pays qu’il regrette plus que tout. Il a des souvenirs tellement heureux mais également tellement pénibles. Toutefois, il pense souvent, au moins une fois par jour. Malgré qu’il aime énormément le Japon, il ne cessera jamais de penser à son Angleterre natale. Il ne se souvient guère d’avoir de quelques origines sinon. Ah si, sa mère uniquement qui était japonaise. Après tout, cela n’est pas une coïncidence de sa venue dans ce pays exotique et cosmopolitain. Il croit se souvenir que son grand-père était polonais, mais il n’en est guère sûr. June aime affirmer que ses origines sont diverses, en manipulant pas mal de langues, alors qu’il n’en possède tout au plus que trois.

    Profession:
    Etudiant. Est-ce vraiment un travail ? Non, pas vraiment si l'on considère que travailler rapporter un salaire minimum. Pour tout avouer, le travail n'a jamais vraiment intéresser June. Non pas qu'il ne veut rien faire de sa vie. En réalité, il a une vocation, un don qu'il cache aux yeux du grand et vaste monde. Il écrit. Des romans, des histoires, des poèmes, des fictions. Tout ce qui peut noyer sa soif et son désir qui ne semble jamais s'assouvir. Alors non, il n'effectue aucune activité en soi. Les cours ? Pour ce qu'il en est, il y va comme il veut. Tantôt oui, tantôt non, il a toutefois d'excellents résultats et ce, sans forcer. Ce qui, bien évidemment, en fait pâlir plus d'un. Pourquoi ? Il n'aime pas ça, il n'aime pas tous ses gens stupides, il n'aime pas qu'on le prenne pour un imbécile, il n'aime pas l'uniforme horrible. Et puis, vu sa culture et son intelligence, il ne rate que peu de choses.

    Raisons de sa venue:
    Aucune. Une raison sans doute peu valable, c'est vrai. C'est juste que c'était plus pratique pour sa tante et son mari. Le garçon n'a jamais voulu venir mais il n'a malheureusement pas eu le choix et à céder à l'autorité. Pour lui, peut-être est-ce l'occasion de refaire sa vie, de tout recommencer de zéro. Il n'en a toutefois pas le coeur, pas le courage, rien. Mais il plia, comme d'habitude. Il ne résista pas à celle qui l'avait hébergé chez elle. Il s'en fiche. Il fera comme si de rien n'était. Rien ne changera dans sa vie et ce sera très bien comme cela.




    " June attendait placidement dans le hall d'entrée typiquement japonais. Tout était si nouveau pour lui. Adieu Angleterre. Adieu ivresse de la pluie. Adieu tintement de cloche de Big Ben. Adieu manoir. Adieu famille. Mélisande était partie à son travail. Un grand stresse monta en lui. Sa gorge se sécha. Ses membres en tremblaient presque. Son sac était posé contre un autel en hommage au fondateur du bâtiment. Le jeune garçon était assis par terre, tel un sans-abri. Son regard se perdait dans le vide de la salle. Ses prunelles auparavant étincelantes l'était aussi. Vides. Dénuées de toute lumière, de tout amour, de toute joie, de tout sentiment quel qu'il soit. Son visage d'habitude peint d'un sourire était désormais placide, sans émotions aucune. La porte s'ouvrit près de lui dans un grincement qui témoignait de la vétusté des lieux. Le directeur trouva son nouvel élève à même le sol à damier, presque allongé. L'adulte s'agenouilla. Ses cheveux noir de jais tombèrent sur son visage semblait-il encore juvénile. On distinguait son jeune âge à ses yeux bleu opalescents qui vous envoûtaient en quelques secondes par leur beauté coruscante. Un léger sourire orna son visage. Il s'assit près du garçon qui n'avait pas décroché un seul mot depuis l'arrivée du directeur. Ils restèrent un instant ainsi, presque comme de vieux amis qui constatent avec douleur et émotion leur vie s'effriter tel du sable devant eux. Le silence régnait en maître. Pas un bruit. Pas mot. Le néant total. Seul le murmure imperceptible de leur souffle brisait l'accalmie soudaine. L'adolescent ne savait que dire, et puis il n'avait pas à le faire non plus. C'était toutefois son avis. Il se mura donc grotesquement dans son silence, coupant court à une communication qui aurait pût meubler cette quiétude presque oppressante de par et sa durée et son intensité.

    - Tu es June Canterburry, n'est-ce pas ?

    Lintéressé leva les yeux vers lui pour la première fois. Il croisa son regard océan, aperçut ses cheveux corbeau comme lui, son sourire apaisant, son air éreinté par le travail, son costume légèrement débraillé. Son japonais était parfait, fin, doux, lumineux. Les cerisiers semblaient fleurir à chacun de ses mots. Comme de l'eau qui coulait, lente et calme, atténuant toute douleur. Une harmonie de mots délicieusement dictée par une voix claire et mélodique. C'était tellement beau que sur le coup, l'éphèbe ne réagit même pas. Il cherchait ses mots, sa nouvelle langue était plus qu'approximative. Il avait dût apprendre le japonais très rapidement à la place de l'anglais. Etudier la manière de rouler les r. Assimiler les trois alphabets. Approfondir sa maîtrise. Il n'avait pas cette tonalité agréable, douce comme la soie. La langue anglaise était plus dure, avec un accent plus prononcé. Les mots se détachaient plus difficilement.

    - Ha...Haï.

    Son "oui" parut pathétique, d'une chuchotée et peu sûre d'elle. Son aîné ne pût retenir un léger sourire ainsi qu'un rire toujours aussi beau.

    - Soka. Hajimemashite.

    - Senseï Hajimemashite.

    June sourit. Péniblement, mais il arriva à l'esquisser faiblement. Durant une bonne heure voire plus, ils parlèrent du Japon, de l'Angleterre, de sa famille, de ses études, de sa vie, de tout, de rien. Ils rirent ensemble. Le directeur avait 25 ans et avait succéder à son père à la tête du collège. Il aurait voulu être violoniste mais avait eu un problème irréversible à la main qui lui avait définitivement privé de son archet. Il était également le professeur de français. En entendant cette nouvelle, le garçon releva la tête. Ses yeux lapis-lazuli s'illuminèrent, comme s'il venait d'apprendre une formidable nouvelle. Il l'aimait déjà beaucoup, oui. Ce n'était pas de la pitié qu'il lisait dans le regard de son senseï. Pas de la compassion. Pas de la condescendance. Pas juste une marque de politesse. Il savait qu'il se passait quelque chose. Alors il parla encore, encore, encore. Il s'appelait June Canterburry. Son deuxième prénom était Rose. Il avait douze ans et venait de perdre sa famille. Il avait été transféré au Japon, suivant sa tante. Son Angleterre natale lui manquait terriblement. Un trou béant dans la poitrine et des souvenirs plein la tête. Il était bisexuel. Il évoqua même Kamille en évitant toutefois de mentionner qui c'était. Dès qu'il parla de lui, il fût moins heureux mais balaya cela d'un revers et continua. Jusqu'à l'infini. Ses mots, sa voix, ses phrases, se perdaient dans l'étendue de l'école. Pendant des heures...



Dernière édition par June R. Canterburry le Dim 25 Avr - 18:26, édité 23 fois
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MessageSujet: Re: June, fiche deux | En cours de construction |   Mer 8 Juil - 4:09

Don't Look At Me



Et on se prend la main,
Et on se prend la main.
Une fille au masculin
Un garçon au féminin

    June n’est pas vraiment du genre à se faire aisément remarquer, quoi qu’on puisse en dire sur ce point, et il est vrai que très peu de personnes ont son visage en tête. Cependant, lorsque l’on croise son regard, son allure, il est impossible de ne pas voir cette étrange présence en lui, ses manières, cette façon de marcher, ce regard, ce sourire omniprésent. Il n’a nullement pour habitude de se regarder dans une glace, et d’ailleurs, il n’apprécie guère ce geste sans conséquence. Il est bien loin d'être narcissique. Il trouve cela plus stupide qu’autre chose pour tout dire. Il est beau. Oui, cela est vrai, on ne peut nier qu’une sorte de beauté est présente en ces traits. Son visage est fin, ses traits également, presque féminins, le teint blanc pouvant sembler diaphane, la rougeur atteignant ses joues seulement lorsque la gêne gagne le garçon. Ses traits sont délicats, quelques marques enfantines se distinguant, il à l’habitude d’être toujours placide, aucune expression ne semble percer sur son effigie. Ni la joie, ni la frayeur, ni la joie, ni la compassion. Rien. Un mur, glacial. Il brise cette barrière uniquement lorsqu'il est en confiance. Dit d'une autre manière, rarement. Sa peau est douce, dénuée de tous boutons, il faut avouer qu’à son âge, cela n’est pas étonnant. June a beau avoir le teint blafard, il ne lui pas ardu de bronzer, bien au contraire; dès qu’il s’expose aux rayons chaleureux du soleil, il mattifie prématurément. Il s'en fout. Il préfère garder son teint blafard, presque maladif. Ses cheveux, quant à eux, sont entre longs et courts, de longues mèches retombant délicatement sur ses fines épaules. Sa coupe est unique en son genre, peut-être quelque peu insolite. Il désirait les avoir longs lorsqu’il était plus jeune, mais cet attrait à bien disparu en grandissant. Quelques filaments de sa chevelure retombent subtilement sur son front. Noir de jais, quelques reflets blanchâtres ou grisâtres, à vous d’en juger, apparaissent lorsque la lumière daigne illuminer sa crinière. Ce qui crée un effet étrange mais qu'il ne contrôle malheureusement pas. Il n’en prend pas grand soin, trouvant tout brushing parfaitement futile, et c’est à peine s’il se les coiffe le matin ou au moins les remets droitement. Sa coiffure est donc parfaitement débroussaillée, quoi qu’un peu organisée si l’on y jette un coup d’œil attentif; se disposant en des étages structurés, seules quelques mèches se distinguent. Les cheveux parfaitement lisses, l’éphèbe n’a nullement besoin de les protéger avec un couvre-chef lorsque la pluie montre le bout de son nez à la différence de certains qui ont le malheur de voir leur belle toison se boucler en de longues ondulations. D’ailleurs, vous ne le verrez très certainement jamais avec un quelconque chapeau, puisqu’il déteste tout ce qui peut le cacher et trouve cet accessoire tout simplement inutile. Sa chevelure cache un peu ses oreilles, mais laissant toujours apparaître celle de gauche où se situent des piercings qu’il aime à montrer. Toutefois, il ne les met pas tous les jours, seulement quand l'envie soudaine lui prend de le faire. Le jeune protagoniste avait, auparavant, fait des colorations vertes, ce qui explique que l’on aperçoive encore quelques reflets menthe ou émeraude dans ses cheveux. Ils se les coupent tout simplement lui-même, trop peu d’argent pour ce coiffeur stupide, de toute manière, ce dernier le rate toujours. June a donc appris à se faire cela soi-même et ce n’est point un moindre mal puisqu’il réussit cela très bien tout seul, même s'il n'en est pas au point d'envisager une carrière de coiffeur. Ne pensez pas à de telles frivolités. Le jouvenceau a beaucoup de nœuds dans ses cheveux, ce qui l’oblige chaque jour à démêler pendant de longues minutes avec son peigne aux piques cassés par le démêlage journalier. Néanmoins, si l’on prend en compte la patience très limitée du jeune homme, on peut rapidement comprendre pourquoi sa chevelure est habituellement aussi constituée de nœuds., sur lesquels il faudrait sûrement passer des heures qu'on ne daignerait même plus compter. Juste au-dessous de quelques mèches rétives, l’adolescent est remarquable entre mille, rien qu’à voir ses yeux. De couleur bleuâtre, ils virent étrangement vers le violet. Il ne porte nullement de lentilles, puisqu’il n’a aucunement de problèmes de vue, et heureusement car il n’aurait jamais aimé porter de lunettes. Il est vrai que la couleur prune qui pare ses yeux est assez inhabituel, mais cela ne choque gère. Cela est d'une telle beauté que l'on a cette impression de perdre la notion du temps, de tout oublier, tout ce qui nous entoure semble soudain d'une indifférence. Plongez dans ses deux diamants envoûtants, mais gare à ne pas y sombrer. Il aime ce bleu incongru, un peu clair, un peu foncé, on ne sait pas vraiment quelle couleur cela peut bien être. S’il l’on regarde avec plus d’attention, et tout en approchant son visage près du sien ( ce qui représente en soi un exploit notable, puisqu'il aime garder une certaine barrière de protection) , on peut apercevoir une sorte d’halo grisâtre près de l’iris. Son regard est profond, dévoilant ses plus sagaces émotions où on y ressent tantôt la tristesse, tantôt la joie, de longs et fins cils que l’on croirait maquillés, des sourcils ténus, à peine dessinés. Ses yeux ont la forme des amandes, à la manière des Japonais, et ce tout comme sa mère et assez petits, du moins, juste ce qu’il faut. Il faut avouer qu’il est plutôt fier de cette teinte; il n’aurait nullement affectionné le fait d’avoir des yeux marron, bien trop banals et communs à son goût. Banal, cela est de loin l’adjectif qui qualifie le moins le garçon. Toutefois, ce qui choque n’est aucun des points évoqué ci-dessus, non. Le fait est que June se maquille, oh rien d’extravagant, si ce n’est les yeux cerclés de khôl noir charbon et les paupières iridescentes. Il aime changer de couleur régulièrement, mais sa nuance préférée reste le rouge sang qui met particulièrement en valeur ses yeux prune. L’artifice est, pour la plupart du temps, outrageusement foncé, descendant subrepticement jusqu’au haut de ses joues, se dessinant près de ses mèches, encombrant presque ses sourcils. Il arrive quelques fois à l’adolescent de varier les couleurs en fonction de ses yeux, si bien que l’on peut parfois apercevoir un œil grenat et l’autre azuré. Il n’apprécie guère les teintes noires, blanches et préfère celles bigarrées, attirant l’attention. Rien qu’à ce détail, un tant soit peu insolite, on peut aisément reconnaître June, puisqu’il n’est pas d’usage de se maquiller lorsque l’on est un homme. Cependant, s'il a toujours du crayon noir entourant ses yeux, le jeune garçon n'a pas toujours ses yeux bigarrés. Pas tous les jours. Pourquoi ? Hé bien, cela dépend de son humeur, de l'impression qu'il désire dégager, s'il a le temps. Bref, de certains facteurs qui ont également une influence sur son caractère. Néanmoins, il se fiche de ce que pense les autres à ce sujet, puisqu’il le fait pour lui-même. Encore un peu au-dessous de ses yeux mauve, ses joues, nulle importance. L’adolescent est rarement gêné, mais lorsqu’il l’est, ces dernières deviennent rouges, ce qui à le don de l’agacer. Les marques de l’enfance sont encore présentes, mais peu sur ses joues. Quand son fard à paupières à la malchance de couler c’est sur ces dernières qu’il s’échoue, faisant ainsi apparaître de longues traces de couleur. Il ne les aiment pas. Vous pourriez poser la question dix fois, cent fois, mille fois, il l'ignore. Il n'apprécie pas cette partie de son corps c'est tout. Autrement dit, vous perdriez votre temps à lui poser cette question qui, avouez-le, n'a aucune importance notable. Son nez, lui est mince, fin, quelque peu retroussé, les narines délicates, à la manière de tous les Nippons. Il aurait d’ailleurs aimé se faire percer, mais a très vite quitter cette idée, les préférant à son oreille gauche. Si l’on regarde le jouvenceau de profil, on pourrait étonnamment voir un nez assez long, alors qu’il ne le semble point du tout de face. Une particularité bien inaccoutumée dirons-nous. Malheureusement, en hiver, son nez a la désagréable et fâcheuse tendance à rougir. Mais également lorsqu'il a bu. Mais, vu qu'il n'est pas genre à être ivre, je ne vois même pas pourquoi j'évoque cela. Mais passons. Sa bouche, mince, quoi qu’un peu trop, ne s’étend pas bien loin, ce qui n’est pas des plus choquants. Il arrive maintes fois de sourire à cet étrange jeune homme, et ce dernier peut tout à fait être charmeur ou carrément ironique, sans que cela ne lui demande un quelconque effort. Sourire. Un tic, une habitude, une manie, un automatisme. Presque comme si on appuyait sur le bouton d'un robot, il effectue la dites opération. Pourtant, il y met rarement du coeur. Il aime aime le faire, et cela fait croire aux gens qu'il va bien. Avec une expression rieuse, les yeux demi-clos, une main sur la tête, la frappant délicatement comme s'il avait commis une bourde, on y voit que du feu. Néanmoins, ses lèvres subtilement dessinées ont la fâcheuse tendance à gercer et ce, particulièrement en hiver. Lorsque ce phénomène, assez commun en somme, atteint le garçon, il s’humecte naturellement les lèvres, geste que l’on pourrait faire dans la vie de tous les jours. Le jeune protagoniste a de belles dents, presque toutes alignées, et globalement blanches, malgré qu'il n'ait jamais eut besoin d'un appareil dentaire. Il accorde une très grande importance à son hygiène bucco-dentaire. Toutefois, un détail le dérange manifestement : ses canines sont particulièrement aiguisées, un peu à la manière des vampires, même si ces créatures mythiques ne font point partie de notre monde. Vu qu'il a le tic de se mordre la lèvre inférieur, cela explique pourquoi il peut avoir de petites coupures à à cet endroit. De légères fossettes se créent lorsque notre ami sourit, ce qui, soit dit en passant, l’importune bien plus qu’autre chose. Si nous devions encore évoquer le visage du garçon, il sera plus ardu d’entrer dans d’autres détails puisqu’aucun autre ne vient à l’esprit en l’observant. Il faut bien dire que June n’est point des plus laids, son visage est assez spécifique, quoi que quelque fois un tant soit peu trop mystérieux. Plutôt de forme ovale, grâce à son visage placide et qui n’évoque rien, il lui est extrêmement aisé de mentir, chose qu’il affectionne tout particulièrement. Qui a dit que June était un ange ?! Certainement pas lui en tout cas!

    Continuons, si vous le voulez bien, pour s’intéresser au corps de l’adolescent. Enfin s’intéresser est un bien grand mot ici, il est plutôt ardu de le décrire de corps, enfin de le décrire tout court plutôt. A première vue, et vous n’auriez nullement tort, il paraît frêle, sans aucune forme, ténu. Il est vrai qu’il n’est point du tout des plus gros, et cela le complexe quelque peu. Certains sont complexés d’être avantagés en forme, lui se plaint de ne pas en avoir assez. Cependant, cela n’est pas étonnant vu les faibles quantités de nourriture qu’il mange, et s’il devait se rendre chez un médecin, on le constaterait juste un peu en surpoids. Oui, juste un peu. Détail plutôt troublant, quant on le voit assez grand, oh pas une girafe disons dans les un mètre quatre-vingt, du moins pas beaucoup en dessous. Car le garçon à beau sembler chétif, il possède tout de même des muscles, et n’est donc pas forcément si maigre que pourrait le croire en l’apercevant la première fois. Bref, on dira ce qu’on voudra, le garçon est svelte, et passe aisément dans des endroits étriqués. Il apprécie de monter dans des arbres, ou autres lieux hauts perchés, apercevant avec allégresse que les branches ne craquent sous son poids léger. Observer tout de haut est pour lui un privilège, sentir la caresse du vent est une joie. Le premier détail que l’on peut apercevoir chez June est son torse, quelque peu développé, par la musculation. Néanmoins, malgré le fait qu’il soulève régulièrement des poids, cela ne l’épaissit pas d’avantage, encore un détail qui a le don de l’agacer. Enfin de compte, quand l’on observe l’adolescent, ce n’est pas vraiment la partie majeure que l’on se permet de regarder. Non disons que…Enfin commençons par le début, le vrai début puisqu’il le faut. Son cou, est comme tout le reste de son corps fin, les veines saillantes, il est assez court, du moins plutôt normal, comme chez une personne de son âge ou de n’importe quel âge. Toutefois, le jouvenceau a souvent la tête dans les épaules, ce qui rend son col quasi impossible à voir. Mais encore une fois, sauf si l’on examine consciencieusement l’adolescent, ce qui ne vous sera pas aisé. La pomme d’Adam du garçon est très nettement marquée, descendant lentement lorsqu’il déglutit, comme tout garçon en somme. Sa clavicule, elle, est encore plus marquée, à croire qu’il n’y aurait rien dessus, à part un linge transparent. La peau translucide du jeune homme permet de voir clairement, sans faire l’effort de s’approcher, les os en forme d’accolade, et le trou dessiné de telle façon qu’il est impossible de ne pas remarquer ce détail un tant soi peu insignifiant si l’on réfléchi bien. Il ne met que très rarement des colliers, puisqu'il n'en voit pas l'utilité. Ses épaules, toujours aussi frêles, ne lui confère pas une carrure imposante. Evidemment, comme vous pouvez vous en doutez, June n’est point de ces garçons aux airs de rugbyman, et bien au contraire on pourrait presque le qualifier d’adolescent androgyne. Quoique si l’on réfléchit un tant soit peu à cette information, elle ne serait point des plus factices. Bref, continuons ces détails bénins auxquels nous nous attardions il y a quelques secondes, nous y reviendrons sans doute bien plus tard. Ses ténues épaules, ne peuvent pas vraiment supporter de lourds poids. Toutefois, si l’on le jauge ainsi, cela n’est toujours pas un détail dirons-nous choquant. Il a osé croire, oh ne serait-ce qu’espérer, que grâce à la pratique de la natation, il pourrait ainsi obtenir une carrure moins maigre, un tant soit peu plus imposante. Bien évidemment vous vous doutez, en le voyant devant vous, que ces maigres efforts ont été bien vains et ce, contre toutes ces protestations. Ses bras, qu’en dire ? Imberbes ou presque, ils sont tout aussi blancs que son visage aux traits fins. Mais contrairement à celui-ci, ils ne bronzent nullement malgré la longue exposition à l’astre ardent. A vrai dire, June est des plus frileux et c’est bien pour cela qu’il ne découvre cette partie de son corps que très rarement si ce n’est pas pour dire jamais. Ses bras se terminent par ses mains longues, les phalanges longues, tout est en longueur chez lui. Ils n’ornent jamais ses doigts semblent-ils squelettiques de bagues, ou de quelques ornements puisque cela rendrait encore plus évident l’effet déjà presque famélique. Ses ongles sont dénués de vernis, vierges, mais ne serait-ce que pour rendre encore plus impressionnant le fait de ressembler à une fille, il les parent quelques fois de vernis noir. Noir ou gris, cela dépend de son humeur, ou parfois il prend le pot qui lui tombe sous la main. Son torse, encore une chose sur laquelle on ne pourra point discourir des heures puisqu’il ses pectoraux ne sont nullement développé, son ventre est quasiment plat, ses muscles à peine soulignés, son nombril dessiné comme tous les autres gosses lors de sa naissance. Un torse d'adolescent, quoi. Il n'est pas ceux qui s'observent dans une psyché en contemplant avec admiration son corps. Néanmoins, cela ne le dérange pas de se promener torse nu, avec un pantalon noir dans sa chambre. Sexy, hein ? Enfin vous le verrez rarement ainsi. Ses jambes sont oblongues, quoique ses cuisses soient un peu trop grosses à son goût. Que voulez-vous, c'est un éternel insatisfait et rien ne le changera. Même si quelqu'un lui disait qu'il est magnifique, il sourirait, mais s'en moquerait. Ses pieds, hum détail bénin. Il ne les aiment pas forcément. Mais il s'en fiche. Généralement, il porte des baskets. Mais il lui arrive d'avoir des rangers, il aime bien. Sentir le sol presque trembler sous ses pieds. Il fait du 38-40 mais c'est encore un détail dont bien du monde se fiche.

    Voilà en gros l’apparence qu’à June, mais voir les formes de son corps ne vous sera pas des plus aisés, et la raison la plus évidente à cela sont ses vêtements.Contrairement aux jeunes personnes de nos jours, le garçon n’adopte nullement leurs attributs physiques. Il n’aime guère cette mode qui change tout le temps, et n’est pas un mouton. Il prend bien soin de choisir des vêtements «dépassés» et c’est encore là une manière bien particulière de le reconnaître. Tout d’abord, ses couleurs préférées en ce qui concerne ses tenues sont le bleu plus particulièrement foncé…Quoiqu’il aime tout autant la couleur azur. Egalement le turquoise, le vert, et éventuellement le vert. Sa garde-robe n’est pas bien variée. Garde-robe, un mot qu’il trouve bien sot au passage, après tout c’est un garçon, point une fille et l’on ne risque pas de trouver des jupes ou justement des robes dans son armoire. Bref, ne nous attardons pas sur les réflexions du garçon et continuons. Si l’on se basait uniquement sur les couleurs, on pourrait dire qu’elles sont simplement banales, sans grande ambiguïté. Seulement voilà, les teintes sont bien dérisoires si l’on accorde un simple coup d’œil à ses accoutrements. Larges, voire trop pour ce corps frêle, chaque mouvement de son corps donne l’impression qu’il va s’envoler et rend son aspect encore plus fragile .Généralement, il prend ses habits deux fois trop grands pour lui, ce qui, en toute logique des choses, devrait gêner ses mouvements. Mais non, il s’y est habitué, et ne porte désormais plus que ça, et cela ne lui va pas si mal pourrait-on dire. Il a une tenue assez particulière qu'il porte uniquement lorsqu'il veut se faire remarquer. Elle se compose comme telle : tout d’abord son t-shirt, que l’on qualifierait ici plus de tunique est de couleur bleu nuit, quoiqu’un peu plus clair si l’on s’attarde dessus. De légers froufrous ornent le col en V qui laisse apercevoir ses clavicules ainsi qu’une partie de son maigre torse. Oh oui le mot «froufrous » peut paraître désuet ou stupide, c’est d’ailleurs ce qu’a toujours penser June, ce terme est pour lui enfantin et pourtant ses vêtements en sont souvent parés. Les longues manches évasées de l’habit laissent peu apparaître ses mains et se terminent par deux longs fils qui servent à resserrer le tissu. Ses épaules sont tout aussi percevables que son torse vu la grandeur gigantesque sur le corps du garçon. Descendant jusqu’à ses cuisses et se terminant également par de longs plis comme sur les jupes d’étudiantes. En-dessous son pantacourt, enfin la longueur est assez peu banale. Le bas est entre un pantacourt et un pantalon, longueur indéterminée. Tout aussi bleu que son t-shirt, le bas est tout de même plus foncé encore, tirant davantage vers le noir. Contrairement à sa tunique extrêmement ample, lui donnant l’air d’un ange, son pantalon est très nettement resserré. Contraste assez intéressant. Sa tenue est accentuée par un dernier détail, le reste de ses jambes que ne couvrent pas son pantalon sont ornées d’un bas de couleur blanche. Oh bien sûr, cela peut paraître étrange, il faut l’avouer, mais le garçon aime bien se faire remarquer ainsi, cela l’amuse après tout. Ses chaussures sont, elles aussi, distinctives. Rouge bordeaux, vernies, elles amplifient nettement la pointure de notre ami. Les semelles compensées, sa taille est donc encore plus soutenue. Bref, vous l’aurez compris, l’adolescent est facilement reconnaissable à son physique, par ses vêtements et autre. Mais, si l'on ôte cette tenue, les autres sont beaucoup plus banal. Il aime bien porter des habits scolaires, comme une chemise, une cravate, un pantalon noir ou marron. Avec son air aérien, on pourrait dire qu'il va s'envoler. Sa façon de marcher elle, ne dévoile rien, elle est simple et ne donne aucun élément sur lui. Il peut paraître nonchalant, les mains dans les poches à siffloter presque allégrement. Oh bien sûr, si vous le voyez vous ne l’oublierez pas de sitôt avec son physique disons remarquable.


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MessageSujet: Re: June, fiche deux | En cours de construction |   Mer 8 Juil - 4:09


    Caractère:


    Marcher de travers
    Le ciel pourra m'attendre
    N'avoir juste qu'une envie
    Rester la vie en l'air

    Décrire ainsi l’état d’esprit de June est ardu, oui le mot peut paraître certes un peu fort mais nullement factice pour tout vous dire. Dans la lune ? L’expression est un peu forte, mais soit c’est vrai. Idéaliste, il lui est difficile d'avoir les pieds sur terre et il préfère nettement se perdre dans ses rêves que de faire face à la triste réalité. Le jeune homme aime inventer des histoires parfois à dormir debout, mais mettons-nous d’accord, nullement question d’univers magiques, d’animaux qui parlent. Oh le blasphème que vous faites à sa fertile imagination ! Certains se demandent d’où ses inventions lui viennent, et aucun texte ne reflète trop ce qu’il pense en fait. Oui, car il écrit. Préférant coucher ses sentiments sur le papier ou ses impressions, c’est sans doute pour cette raison qu’il est davantage muet devant les gens. Il aime observer les nuages, le vent naissant, avec un crayon, un carnet et un dictionnaire. Transportant toujours avec lui son encyclopédie, cela peut paraître étrange, mais pour lui ce geste est commun et tout à fait banal. Bien qu’il soit un peu lourd et encombrant, cela ne le dérange nullement, il a toujours avec lui un petit lexique qui répertorie les mots qu’il a appris en cours de route ou ceux qu’il aime à retenir. Ses deux passions sont lire et écrire, même si la dernière n’était sans doute pas très dure à deviner. Attardons-nous sur la première; comme je crois l’avoir déjà cité ce n’est nullement avec les contes de fées puériles que June a développé ses deux occupations. Cela lui est venu assez tardivement vers l’âge de 9 ans, après que Kam’, lui ai donné le goût de la lecture. Oh oui, avant il n’aurait jamais touché un livre, mais son frère avait réussi, lui, en fait il réussissait tout ce qu’il entreprenait avec son frère. C’en était impressionnant. Et puis, le plaisir de lire l’avait envahi, étant deux, ils vouaient un véritable culte aux œuvres de grands auteurs et passaient souvent des heures dans la bibliothèque familiale. Les deux parents observaient les deux et il fallait les traîner pour les en faire sortir ! Ecrire, cela été plus jeune, il ne peut pas dire depuis quand cela remonte exactement, mais depuis quelques temps déjà dirons-nous. Bien évidemment, June n’est pas un génie, oh non et n’a pas écrit des romans à des âges précoces. Fabulation. Il noircissait quelques lignes bourrées de fautes d’orthographe si bien que lorsqu’il eut retrouvé ces textes, il ne compris rien à ce qu’il avait consigné sur le papier. Sa mère lisait toujours avec un sourire affable les lignes entremêlées de ratures. Et, à force de temps passé, son «don» s’est développé, devenant un très bon écrivain, voire excellent. Mais ne tarissons pas d’éloges, puisque vous ne verrez sûrement jamais aucun texte de lui. Et oui, on ne dirait pas à le voir ainsi, mais notre ami est très timide et très protecteur en ce qui concerne les choses qu’il fait en particulier. S'il vous montre quelque chose qu'il a produit, c'est qu'il a une énorme confiance en vous et une amitié (ou un amour ?) sans bornes. Les seuls à avoir eu ce privilège sont Kamille, évidemment et Seth. Qui s'émerveillèrent tous deux de ces écrits. Mais attention, je vous entends d’ici, encore un garçon qui est à fond dans ses trucs qui sort jamais et qui ne possède pas d’amis. Ahah, encore une fois vous vous trompez. Bien que parfois un peu trop renfermé sur lui-même, le garçon est un ami fidèle et jamais il ne briserait une amitié. Il est vrai qu’il lui est difficile de s’en faire des compagnons puisqu’il a rompu tous liens avec son meilleur ami d’enfance, sans que celui-ci ne lui donna une bonne raison. Il en souffrit beaucoup et perdit un temps les joies de l’amitié. Heureusement, il se remit vite de ce temps de mélancolie mais il accorde désormais difficilement sa confiance. Mais ne nous attardons pas sur ses souvenirs. Lunatique ? Hum, une part de vérité et une part de fausseté si je puis dire. En fait, cela dépend, oui bon cette explication est un peu floue. On ne sait jamais, en le voyant, si notre ami sera de bonne humeur ou non. Son visage à l’habituelle placidité n’évoque rien d ‘autre que … Bah son visage, quoi. En gros, il peut lui arriver d’être d’humeur joviale toute une matinée et que d’un coup, suite à un fâcheux évènement ou non, sa joie retombe pour se fondre en une moue triste sur son effigie. Toutefois, ce n’est qu’une infime partie de son caractère, et peu présente chez lui. Car il est vrai que lorsque l’on ne connaît pas June, il est dur de lui arracher un mot ou de se prendre immédiatement d’amitié pour lui. Néanmoins, lorsqu’il est en confiance, notre adolescent peut devenir agréable et empressé comme s’il était déjà votre ami. Détail plutôt normal quand on y pense, le jeune homme n’apprécie pas de parler de lui. Oh pas qu’il veuille se cacher ou quoique ce soit d’autre, mais déblatérer des propos sur ce qu’il est, il n’y voit aucun intérêt, si bien qu’il préfère se taire. Il préfère encore moins parler de son passé assez...Turbulent. Cela ne lui en empêche pas d'y songer. Tout le temps. Constamment. Ce n'est pas par vagues. C'est toujours. Ce vide, ce néant. Evitons le sujet. Parfois un peu rebelle, surtout envers l’autorité des adultes, qu’il trouve bien trop excessive, il respecte tout de même ses aînés, choses normale. Il est poli et serviable, et c'est une chose qui marque chez lui. Parlons de toute autre chose; sa placidité. Ce n’est nullement quelqu’un qui va s’énerver facilement, et c’est là une des grandes qualités du garçon. Il a l’habitude de ne montrer aucun sentiment, rien ne semblant percer même lorsqu’il dit des choses qui reflètent son passé. Mettre June en colère est vraiment quelque chose d’étonnant et très rare, après tout il a appris avec les années à contrôler ses émotions ainsi que ses pulsions. Bien que cela lui ai demandé du temps, il y est arriver. Il ne parvient pas à le faire uniquement lorsqu'il est troublé ou amoureux. Mais cela ne risque pas vraiment d'arriver ! Nous en parlerons plus tard. La seule chose qui peut le faire réagir au quart de tour serait de parler néfastement de ses amis. Oh oui, je puis vous assurer que vous vous en repentiriez. Cela déclencherait en lui un véritable courroux. L’amitié est pour lui quelque chose de sacré, et c’est sans doute quand on se prend d’affection avec le jeune homme qu’on se rend compte de ses vraies qualités. Extrêmement fidèle, il n’est pas du genre à tout lâcher du jour au lendemain, que ce soit justement ses alliés ou ses convictions. Je vous disais l'amour. Ayant eût une relation assez compliquée et qui l'a beaucoup marqué, il n'y crois plus trop. Le jour où il tombera amoureux et en oubliera son bien-aimé n'est pas de sitôt. En effet, dès qu'il sort avec quelqu'un, ce n'est pas cet amour. Vous savez, celui qui vous emporte, vous fait oublier vos malheurs, vos peines, le goût de vos larmes, la tristesse. Pour lui, la personne n'est qu'un jouet, lui permettant de voir s'il est capable d'aimer. Mais non. A chaque fois c'est le même refrain et il abandonne. Que dire d’autre sinon ? Assez intelligent, il n’est pas vraiment un assidu élève, et ne montre pas assez ses capacités, ce qui est assez dommage. Ce n’est pas non plus un génie, il n’a jamais sauté de classe. Côté école, il fait ses leçons mais à la très mauvaise habitude de gribouiller sur ses feuilles de cours, ce qui agace ces professeurs qui ont beau lui faire toutes les répliques du monde, ne change pas cette habitude. Ah oui, les gribouillages de June, ça au moins il y a à en dire. Il ne faut jamais lui laisser une feuille devant lui si le garçon à un crayon entre les mains, soyons clairs! Ses esquisses représentent souvent des visages, des phrases parfois, quelques ébauches vagabondes, des traits grossiers. En général, cela évoque son état d’esprit. Lors de contrôles, il prend une feuille de brouillon et se jure de ne faire aucun dessin... Mais il le fait tout de même. Il ne peut s'en empêcher. Il a souvent besoin de se vider l’esprit, et c’est sans aucun doute pour cela que le grand air lui fait tant de bien. Vous le verrez rarement confiné dans un endroit, plutôt en train de traîner des pieds dans la rue, la tête dans les nuages ou encore assis par terre, en pleine rue. Il est vrai qu’avec son accoutrement ou à son maquillage dont il use parfois on pourrait croire que le garçon aime à se faire remarquer, c’est là une information erronée. Non, en fait il aime juste faire voir qu’il n’est pas un mouton qui suit la mode aveuglément et qui s’en fiche bien. Se faire remarquer, il s’en fiche un peu en fait, il ne s’attarde pas sur les regards des gens qu’ils soient désobligeants ou affectifs. Quand certains osent l’aborder en lui demandant où il va chercher des habits pareils, il répond tout simplement par un sourire puis s’en va comme si de rien n'était. Une bien mauvaise habitude que je viens de vous citer. Tendance étrange à s’enfuir du lieu où il se trouve, il est un peu comme un voyageur, cherchant continuellement sa route, il n’aime pas voir toujours les même horizons, il a ce besoin de changer d'air. Il a tendance à trop souvent se lasser des choses ou même des gens ! Son caractère complexe est dur à cerner, comme vous l'aurez peut-être compris. Peut-être aurez-vous la chance de découvrir une toute autre facette de notre ami. Mais bon, c'est quelqu'un de plutôt sympathique, pas le genre à faire la bagarre voyez-vous...Enfin ça dépend de son humeur, quoi. Assez consciencieux, il attache de l'importance à tout ce qu'il fait et ne supporte pas de bâcler quelque chose. Il n'aime pas les gens "j'en foutiste" qui l'exaspère au plus haut point. Il a ce besoin de se dépasser et de toujours s'améliorer dans quelque chose que ce soit. Autrement dit, c'est un éternel insatisfait et un horrible perfectionniste. June aime les fleurs. Pourquoi est-ce que je vous parle de cela vous demandez-vous. Tout simplement car c'est cela qu'il affectionne le plus. Kamille lui en offrait beaucoup et il a voué un véritable culte à ses plantes. Il trouve cela d'une telle beauté qu'il pourrait passer des heures devant un fleuriste. Certains peuvent dire que cela est trop féminin mais lui n'en a cure. Ses tics, ses manies ? Il y en a certaines à citer, bien que cela n'est aucune importance en soi. Fâcheuse habitude mais toutefois dans le commun des mortels, notre anglo-japonais à l'habitude de mordiller sa lèvre inférieure avec ses dents. Cela montre, chez lui, un stress qu'il tente de dissimuler. Autre particularité, il écoute beaucoup de rock, de métal et autres musiques qui peuvent paraître dissonantes aux oreilles des autres, il apprécie également les requiems, qui sont pour lui, grande source d'inspiration de calme. Il suffit de quelques notes pour l'apaiser. Hum, autrement dès qu'il se sent mal, il faut qu'il fume. Je vous entends là "Encore un jeune qui a plongé dedans et va avoir un cancer des poumons !". Sachez qu'il ne prend une cigarette que lorsqu'il en sent réellement l'envie autrement dit lorsqu'il est mal, triste ou qu'il se promène sous la pluie. S'il a bien une manie, c'est celle de penser à Kam. Oui, comme vous vous en êtes aperçu, je parle beaucoup de lui. Tout simplement car c'est un évènement important dans la vie de June. Il y pense régulièrement si ce n'est pas pour dire tout le temps. Il occupe ses pensées, hante ses nuits, apparaît dans ses rêves. Mais vous comprendrez plus tard, l'importance de ce lien si précieux à ses yeux. Celui qui a changé son univers. Bref, tout ça pour dire qu'il ne l'oublie pas, jamais. C'est sûrement la raison pour laquelle il ne tombe pas amoureux. Il emporte toujours une fois de lui que ce soit dans sa poche ou autre. C'est tout. Sinon, aucune particularité particulière, c'est un être comme les autres.



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MessageSujet: Re: June, fiche deux | En cours de construction |   Mer 8 Juil - 4:14

    Chroniques d'une Vie


    Prologue: Abysses


    Je n’ai jamais trop réfléchi à la valeur de la vie, et le malheur que pouvait engendrer la mort. Mourir m’était fascinant et effrayant. Fasciné de ne pas savoir ce qui se trouvait après la lumière ou le noir, ce qui m’attendais tandis que mon corps deviendrait glacial. Effrayant, justement cette peur de ne pas savoir à quoi s’attendre, de se poser l’ultime question de ce qu’on va devenir. Oh, oui cela peut vous paraître sacrilège ce que j’évoque là. Vous avez raison. Après tout, quand on est gosse, on ne peux pas vraiment penser à ce genre de choses, même quand on est quelqu’un de normal, en fait. La mort, c’est un genre de sujet tabou, et puis si j’avais parlé de cela à mes parents, ils se seraient tout de suite demandé pourquoi je leur parlais de tout ça. Quand j’étais jeune, on relatait l’histoire de l’enfer et du paradis sur lesquels veillaient Satan et Dieu, ces deux personnages mythiques. Bien évidemment, j’avais perdu cette notion depuis déjà quelques années et j’étais à présent dans cette phase, à me demander ce qui pouvais venir après. Je n’appréciais guère le fait de me poser cette question, cela me tourmentait plus qu’autre chose. Le noir était la seule chose que j’apercevais et la souffrance des êtres chers. Mes parents, eux, étaient partis sans une explication. Mon frère également. J’essayais de leur pardonner leur égoïsme, mais forcément c’était à moi-même que je m’en voulais de plus. Oui, j’étais moi-même un sale égoïste de penser qu’ils m’avaient subitement abandonnés, on aurait pu le dire comme ça. C’était pour cela, en très grande partie, que j’avais maintes fois repoussé mes tentatives de suicide. Je ne voulais pas savoir la tristesse de mon entourage et voir leurs traits peints par la désolation m’aurait certainement fait plus souffrir qu’autre chose, que tout autre chose au monde. Je détestai les voir malheureux, et être la cause de leur malheur m’était bien pire, somme toute normal. Parfois j’imaginai me rendre sur un pont, l’eau tourmentée par le vent, tandis que les voitures passaient sur l’autoroute sans se rendre compte de l’adolescent que je suis, prostré devant la barrière métallique. Sentir mes cheveux s’élever sous une rafale naissante et mon cœur s’envoler, comme libéré de tout poids qui m’obstruait auparavant. Laisser tout ce qui m’empêchait de vivre et penser aux dernières choses qui nous auraient fait plaisir. Réfléchir une dernière fois, avant de passer lentement, presque religieusement, la première jambe sur la poutrelle et accrocher mes bras frêles à cette dernière. Regarder la rivière s’écouler lentement comme la vie, qui vient et qui passe, erratique. Et tout lâcher, percevoir le souffle de la mort s’engouffrer violemment dans ma crinière noir de jais. Mon visage diaphane, un sourire s’esquissant jusqu’au dernier instant. Etendre mes bras comme lors de la crucifixion, ultime provocation à la vie. Inhaler l’air et le recracher. Voir le rapide s’approcher avec vélocité de mon corps. Fermer les yeux un instant, comme si je faisais une unique prière, alors qu’en réalité je repasserais lentement tous les aspects de ma vie, tant les souvenirs heureux et chauds comme les rayons du soleil, tant ceux tristes et fades comme lorsque la pluie s’échouait sur mes joues. Et d’un coup, mon corps tomberait dans l’eau glaciale, polluée et profanée. Le souffle haletant, les mains portées à ma gorge, brûlante, et d’un coup, le noir… Oui j’aimerais cette mort qui me tiendrais jusqu’au bout, jusqu’à ce que mes poumons se remplissent d’eau, que mes vêtements trempés soient lourds. Et, tombant dans les eaux profondes, je tenterais vainement, et dans un dernier souffle de me hisser à une paroi…Toutefois, non, je suis encore en vie, j’en viens à me demander pourquoi. Je mets déjà au point ma mort, cette impression d’être un ange auquel l’on aurait soigneusement déchiqueté les ailes, dans une souffrance digne de ce nom. Le vide et moi ne faisant désormais plus qu’un. L’impression de voler, et de retomber dans un silence quasi parfait...

    Chapter I : Prémonitions


    Jour attendu, oh oui combien attendent le jour qu’un enfant naisse ? Depuis des semaines déjà, on ne comptait plus les jours et on attendait avec impatience que la belle Kirsten mette au monde son enfant. Même le petit garçon, qui n’allait plus tarder à être grand frère appréhendait l’instant, tout en restant calme et posé, rien ne semblait le perturber. Il était assis, ses cheveux blonds tombaient en quelques mèches sur son visage aux traits radieux. Cela faisait un moment qu’il voulait un frère, il espérait de tout cœur que ça en serait un. Pour jouer, c’était bien mieux et puis une fille, ça pleure tout le temps. Pourtant, on annonçait une fille, du moins on l’espérait. Deux garçons dans une si grande maison et dans une famille comme les Canterburry, les embrouilles se créaient vite. Ainsi parlaient les gens, car on était très vite au courant, bien que la ville de Londres soit très grande. Le garçon attendait donc patiemment, tandis que sa mère poussait des cris dans la pièce d’à côté. Oh, s’il avait pu il se serait lever et aurait marché. Passant devant les bonnes et majordomes tous soigneusement alignés et puis aurait descendu les quelques marches qui donnaient sur l’entrée somptueusement soignée par le jardinier. Aurait couru jusqu’aux jardins et aurait ainsi arraché une des quelques roses rouges, celles que sa mère aimait tant et aurait à nouveau galopé jusqu’au manoir et serait entré en trombe, aurait ouvert la grande porte de bois et aurait donné la délicate fleur à sa mère. Cette idée lui trottait dans la tête, voir ou plutôt entendre, souffrir sa mère le rendait triste même s’il savait qu’à la fin, ce serait heureux. Cet être tout petit qui allait être son frère. Oui, car c’était presque sûr, le médecin l’avait dit. C’est pour ça qu’il croyait que ça allais être une fille, lui. Parce que le docteur c’était un menteur. Il ne l’aimait pas, oh combien il pouvait ne pas l’aimer. C’était également pour cela qu’il détestait tomber malade car il devait aller voir ce Dr.Kurst ou quelque chose dans le genre, il ne se rappelait plus trop de son nom. Il était dans la pièce avec ses parents à attendre l’enfant qui allait naître d’ici quelques instants. Il était grand, avait une allure à faire peur tant il l’était, plutôt svelte ses cheveux étaient noir corbeau et ses yeux également, un léger anneau doré perçait dans ses prunelles abysses. Il avait des sourcils épais et puis sa chevelure était débroussaillée, sa grande blouse blanche (car il en portait toujours une avec lui, allez trouver la raison, bien des médecins n’en portent plus désormais) était toujours propre et il possédait toujours une espèce d’engin métallique autour de son cou. Son regard était profond à faire peur. Ce que détestait surtout le garçonnet, c’était aller le voir, lui parler de ses symptômes, puis devoir presque entièrement se déshabiller devant lui pour se coucher sur une sorte de chiffon qu’il remettait toujours correctement. Rien qu’en y pensant, il en frissonnait presque. Ses pensées s’arrêtèrent dès que des cris envahirent la pièce voisine. Il s’y concentra et cru entendre avec joie, ceux d’un garçon. La porte s’ouvrit, et on lui intima d’entrer. Enfin, on le prit par la main et on l’amena, il n’était encore point capable de marcher, après tout il n’avait que deux ans. Age absurde, où trotter ne lui était pas encore possible, parler un tant soit peu, mais c’était bien tout. Kirsten était là, ses cheveux blonds collaient son front perlé de sueur, ses habits blancs étaient également trempés, ses prunelles, elles, noires aux reflets bleus scintillaient. Elle était belle. Le père, lui, était assis sur un fauteuil rouge tel un roi, dont il n’avait pas vraiment l’étoffe à ce moment précis. Il était grossièrement assis, son haut était tout chiffonné, ses cheveux noir de jais étaient totalement désordonnés. Mais ce ne fut pas sur cela que s’attarda plus le garçon; c’était sur son petit frère, oui c’était un garçon et un sourire était peint sur son visage, presque de manière absurde. Si vous vous dites que ce dont je vous parle est le petit frère de notre protagoniste, sachez que cette information est erronée, mais vous allez bien vite vous en rendre compte. La mère prit son enfant dans les bras, le petit être encore chétif qui était enroulé autour d’un drap soigneusement lavé et blanc immaculé. Ses cris résonnaient dans la pièce, voir dans la maisonnée. Le frère du nouveau né resta ébahi devant la scène, mais toujours ce sourire accroché sur son visage, ses parents semblaient également heureux. Après tout, qui ne le serait pas devant un enfant naissant? Certes Kirsten était un peu déçue du fait que c’était un garçon, oh ce n’était pas tant le sexe qui l’importait, elle savait pertinemment qu’elle chérirait son futur enfant comme déjà elle faisait avec le premier. C’était principalement le fait que le prénom choisi était un peu trop féminin au goût de la mère. Toutefois, le pseudonyme resterait inchangé, il n’y avait aucune chance qu’il ne permute avec un autre, après tout on pouvait le considérer comme mixte. Elle caressa lentement les quelques cheveux qui ornaient la tête du garçon dans un sourire également béat. Son regard croisa celui de son mari qui lui retourna ce chaleureux sourire. Tous semblaient paisible, l’accouchement s’était bien passé, et c’était là sûrement l’essentiel. Le docteur qui effrayait tant le gamin se dirigea vers son frère ; il eut envie de lui sauter dessus, tenant à l’empêcher de le toucher, mais il se dit que ses intentions ne pouvaient pas être mauvaises, du moins tant que tout ce monde grouillait dans la pièce. Ses yeux regardaient avec joie son frangin, en plus deux ans de différence ce n’était pas énorme, il espérait vivement qu’il allait bien s’entendre. Faire la guerre avec quelqu’un de sa famille, ce n’était jamais très drôle, il avait souvent vu des amis de ses parents avec des gens qui se bagarraient. Oh oui, il espérait que tout se passerait bien avec lui, mais jamais oh grand jamais à cet instant, ne lui avait effleuré l’esprit qu’il aurait cette relation avec son frère. Et si on lui avait dit cela, il aurait sûrement rigolé à cette époque juvénile où il avait encore uniquement deux ans. Toutefois, ne nous attardons pas sur ce point, toutes choses viennent en leurs temps. Vous vous doutez bien du nom de l’enfant que venait ainsi de mettre Kirsten au monde. Seules trois personnes dans cette grande salle au lit immense d’une couleur azurée étaient au courant du nom qui trottait dans la tête de la jeune femme. Elle eut à nouveau un large sourire en berçant doucement l’être qui encombrait par son fébrile poids ses bras souples et blanchâtres puis tourna ses yeux bleu marine vers son premier fils, lui intimant de la main de s’approcher des deux corps. Il ne se fit pas attendre et se dirigea vers le lit où résidaient sa mère et son frérot, comme il l’appelait déjà affectueusement. Mais il ne put s’approcher davantage; il tomba brusquement dans les pommes alors que personne n’y songeait. Si bien que tout le monde se rua sur le petit blondinet. Sa mère s’inquiéta de même, mais il allait de soi qu’elle ne devait nullement bouger, bien que cela la démangeait fortement. On récupéra le garçon à terre et on le posa sur le lit afin qu’il ne gêne pas le passage et surtout qu’il ne se blesse pas à terre. La mère paraissait inquiète, et tendais ses fins doigts vers lui, son geste fut toutefois arrêté par le fils qu’elle venait de mettre au monde. Son mari, lui sourit et l’allongea alors sur le fauteuil où il était prostré quelques secondes auparavant. Kirsten retrouva son calme habituel et resserra son étreinte sur le nouveau né. Elle déglutissait, même si elle connaissait déjà le prénom, cela faisait toujours quelque chose au fond. Sa douce voix illumina la salle quand elle prononça :

    - June, tel sera ton nom…

    Certains ne disaient rien, d’autres étaient ébahis de sa douce voix lorsqu’elle prononça ses mots, juste ses quelques mots qui formaient une courte phrase. Ainsi, le garçon qu’elle tenait dans ses bras se nommerait June. Le docteur se dit que c’était plus féminin qu’autre chose, toutefois il n’osait contrarier la jolie jeune femme, qui l’aurait fait ? Le bébé s’endormit après quelques minutes d’accalmie, dans un silence presque parfait. Vous vous demandez maintenant sûrement le nom du petit dont je vous parlais tout à l’heure, comme vous pouvez le devinez c’était son frère. Son nom était Kamille. Oh, un nom courant si l’on remplace la première lettre par la troisième de l’alphabet, les parents aimaient les noms un peu mixtes, quoiqu’un peu étranges. Le petit dormait également dans le grand Voltaire rouge aux ornementations or, factices ou pas, on ne le sait point. Kirsten elle aussi tomba dans un sommeil soudain, après toutes ses émotions ce fut bien son droit. On déserta donc la chambrée, laissant pour uniques habitants la petite famille composée de quatre personnes. Le père prit Kam’ dans ses bras et le déposa précieusement sur le lit, comme si le moindre de ses gestes pouvait le briser. Pour June, il prit soin de l’installer dans le berceau magnifiquement prostré dans un coin de la grande et belle pièce et de le border avec les fins draps couleur marbre, possédant les mêmes reflets selon la lumière. Il s’installa, lui, près de sa femme en lui caressant amoureusement la joue et posa sa tête contre la sienne, tandis que la main de la jeune femme entourait son premier fils. Le silence régna sur la chambre, tandis qu’à l’extérieur, on préparait déjà un semblant de fête pour accompagner l’heureux évènement. Les bonnes préparaient la grande table en la recouvrant d’une nappe blanche brodée de fines roses, on dressait déjà le couvert, le traiteur n’allait plus tarder. Les jardiniers remplaçaient les plantes fanées, organisaient des compositions de fleurs sur les quelques tables ordonnées. Ils seraient peu, seuls quelques amis étaient invités, forcément. De grandes voitures arrivaient déjà, crachant leurs personnes à l’entrée avant de continuer vers le garage . D’une voiture simple et sobre, descendit une femme, semblait-il plutôt jeune, mais toutefois pas beaucoup plus de vingt-cinq ans. Elle avait cet air raffiné, ce visage résolument japonais, inimitable. On ne se demanda pas ce qu’une nipponne pouvait bien faire ici, à une journée privée, jour de naissance du petit Canterburry. On ne se demandait pas non plus, pourquoi elle avançait comme si elle connaissait le chemin par cœur, ni pourquoi elle était venue spécialement du Japon. Et on se demandait encore moins pourquoi les langues se délièrent soudain et pourquoi on se précipitait sur elle pour prendre de ses nouvelles. Il était vrai que Mélisande, tel était son prénom, était une habituée de la famille, en fait, elle en faisait partie. C’était la sœur de Kirsten, soit la tante de Kam’ et du nouveau né de quelques heures. La jeune femme venait très rarement puisqu’elle habitait dans une petite ville tout près de Tokyo, au Japon, et le voyage était bien éprouvant. Voilà pourquoi l’engouement était à son comble. Un fin sourire s’esquissa sur son visage mat tandis qu’on se dirigeait lentement vers elle ; c’était une femme toujours souriante et on avait l’impression que jamais rien ne pouvais la contrarier dans sa vie tant la bonté se dégageait d’elle. Question physique, elle était tout à l’opposé de sa sœur, elle avait les cheveux couleur d’ébène, lisses, chevelure organisée en une coupe courte. Kirsten, elle, avait les cheveux longs et blonds comme les blés, de longues bouclettes anglaises se dessinaient dans ses cheveux et encadraient son visage. La peau de la nippone était nettement plus bronzée, au contraire de la mère qui possédait le ton blanc. Yeux bleus marine contre yeux noisette, on aurait plus dit des meilleures amies que des sœurs. Pourtant, dans leurs manières, leurs attitudes, elles étaient semblables comme des jumelles. Elle avait à peine deux ans de différence, Kirsten étant la plus âgée. Elles se voyaient toutes deux rarement et profitait toujours de ses moments privilégiés. Toutefois, Mélisande aimait aussi son neveu, Kamille tout autant que son beau-frère, et ils formaient tous une belle famille, bien qu’ils aient tous des situations différentes. La famille Canterburry faisait plus partie de ce qu’on appellerait la bourgeoisie aujourd’hui, avec pas mal d’argent en poche, tandis que la famille dont était issues à la fois Kirsten et à la fois sa sœur, la famille Seiko, était déjà moins avantagée question argent, mais ils avaient toujours vécut dignement, sans aucun problème particulier. Seulement voilà, Kirsten était tombé amoureuse d’un anglais, celui qui était actuellement son mari, du nom de Jared et l’avait suivi jusqu’en Angleterre. Néanmoins, cet écart n’avait nullement altéré les relations de la famille, il en aurait fallu bien plus, tous étaient très proches chez les Seiko. Bref, quand elle arriva, un vent de joie gagna les rangs de bonnes, de jardiniers. Son fiancé était parti rangé la voiture ; il n’avait pas de quoi se payer un chauffeur, et même s’ils avaient eu l’argent, ils n’en auraient nullement pris. Oh pas qu’ils n’aimaient pas l’argent loin de là, ils préféraient l’user dans des choses plus utiles que des futilités. La jeune arrivante défit son chapeau, libérant ainsi ses cheveux aux reflets noisette et se dirigea vers le manoir de sa sœur et de son beau-frère. Elle avait avec elle une petite valise, oh non elle ne comptait pas s’installer ici, elle avait déjà, de toute manière, tout ce qui lui fallait dans la grande résidence. Seulement, elle avait ramené des petits souvenirs de son pays, comme à chaque fois qu’elle venait ; c’était une jeune femme d’une grande bonté, altruiste et séduisante pour n’importe quel homme. Elle fut vite entourée de personnes qui la pressèrent de questions auxquelles elle répondait avec précision, et sans montrer son impatience. Oui, elle allait bien, le voyage s’était plus ou moins bien passé, elle avait très vite appris la nouvelle. Hein ? Ah oui, oui elle resterait deux semaines. Elle connaissait effectivement déjà le nom du petit, puisque sa sœur lui avait demandé conseil, comme à chaque fois qu’elle prenait une décision. En entendant la cacophonie, June se réveilla en hurlant, provoquant ainsi le réveil de toute la chambre qui sursauta en l’entendant. Ce fut Kamille le premier éveillé, et en voyant par la fenêtre sa tante, il réveilla gentiment sa mère qui semblait déjà moins fatiguée ainsi que son père. Kirsten se leva avec difficulté et décida de s’habiller, si elle était exténuée à ce moment, elle n’en montra rien, bien qu’on s’en doutait. C’était là une qualité commune aux deux sœurs ; elles faisaient toujours en sorte que l’on ne s’inquiète pas pour elles. Une fois convenablement habillée, coiffée et maquillée, elle sortit de la chambre avec le bébé dans ses bras, et la main dans celle de Kam’. Jared la suivait en apposant sa main sur son épaule, le tableau était parfait. Quand on les vit arriver, le silence se fit, et on laissa passer Mélisande, ou plutôt elle se fit un chemin parmi la foule pour voir la petite famille. Elle prit Kamille dans ses bras et puis fit la bise à son beau-frère avant de se diriger vers le petit être confortablement installé dans les bras de sa mère dont elle lui chatouilla la joue. Un rire sortit de sa bouche, faisant s’esquisser un sourire sur les lèvres des deux jeunes femmes. Elles se regardèrent un moment, comme si elles échangeaient une conversation puis Kirsten lui fit la bise, tout simplement. Si elle avait eu les mains libres, elle l’aurait sûrement pris dans ses bras. Et June que faisait-il pendant tout ce temps ? Et bien, il somnolait, tout était encore trop nouveau pour lui. Il voyait quelques formes floues, des paroles de voix claires et chaleureuses, de la musique un peu trop dissonante à son goût. Les minutes, les heures passèrent, tentant de s’habituer aux gens qui l’entouraient, il écoutait également. Bien sûr, il ne comprenais rien, c’était normal. Mais il ne criait pas, ne pleurait pas, il restait calme, quoiqu’une petite crise de temps en temps avait raison de lui. Toutefois, la chose qu’il faisait le plus était dormir et il ne pouvait ainsi que très peu profiter de la fête organisée pour lui. La fanfare, les drapeaux, le repas convivial, les souvenirs de la sœur japonaise, les rires, les débats, la promenade pour digérer, le départ des convives. Seule resta Mélisande, après tout, on n’allait pas la congédier alors qu’elle avait fait tout ce chemin, mais ça il était trop petit pour le comprendre, il ne savais même pas qui c’était cette femme au corps svelte et au visage aux milles attraits. Parfois, elle lui souriais, enfin il ne le voyait pas trop non plus. Ses yeux se fermèrent après cette journée chargée en émotions, qui aurait crû qu’un si petit être pouvait ressentir autant de choses en si peu de temps ? Et puis, personne ne se souvient du jour de sa naissance, comment on ressentait les choses, si on aimais telle ou telle saveur, ce qu’on avait fait ce jour précis à une certaine heure. Tous nos souvenirs sont flous, comme plongés dans la brume qui recouvre chaque matin, après que la lune ait daigné se retirer. Alors comment pouvons-nous dire nous remémorer ces instants, comment savons-nous ces détails sur notre vie ? Tout cela nous est conté par nos parents, eux qui nous protègent et nous voient grandir chaque jour, chaque heure, chaque minute même. Ces êtres qui nous au mis au monde. Mais imaginez, oh oui rien qu’un peu, que leurs souvenirs soient erronés et que les nôtres le deviennent au fil du temps avant de le raconter à nos descendants, alors, au fond, qui connaîtra la pure vérité ? On n’a pas beau raconter ce que l’on sait, on commet toujours des erreurs qui peuvent parfois être irréparables, ou bien des moments qui ne nous reviennent pas auxquels on se rappelle trop tard. Ou ces petits détails, comme ce curieux individu qui s’était invité ce jour-là, sans que personne ne le voie. June, lui l’avait vu, cette vague ombre qui flashait de temps en temps avec un drôle d’appareil. Mais ça, ce détail il ne s’en rappellerais jamais. Ou comme cette femme Mélisande, s’il avait pu la voir, se souvenir d’elle, alors quelques années après il n’aurait pas demandé qui elle était parce qu’il ne croyait ne jamais l’avoir vu. Tout est flou. Notre mémoire n’est faite que de trous que nous croyons remplir au fil de nos années mais si l’on puise dedans, on se rend compte que finalement, on n’est jamais sûrs de rien. Patience, si les propos que je viens de vous donner vous paraissent encore étranges ou n’avoir aucun sens, c’est tout à fait normal. Après tout, votre mémoire ne sait pas, mais nous allons remplir les vides, il suffit juste de lire


Dernière édition par June R. Canterburry le Mer 10 Fév - 1:29, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: June, fiche deux | En cours de construction |   Mer 8 Juil - 4:17



    Chapter II: La Place de Dieu


    Si l’on devait à nouveau évoquer l’enfance de notre personnage, ou du moins ses premières années, cela n’aurait pas un très grand intérêt, il faut bien l’avouer. Il appris rapidement à marcher, toutefois parler lui fût déjà plus ardu. Et déjà, il détestait quelque chose: le fait qu’on le compare à son frère. Oh il l’adorait certes, mais le fait qu’on dise « Oh vous avez vu ? Kam’ il disait ça avant ! » ou bien « Ah oui il marche ? Son frère a mis plus de temps, non ? ». Il n’aimait déjà pas les comparaisons et encore moins avec quelqu’un de sa famille, à quoi cela servait ? Enfin, il n’y attachait pas une grande importance. Parfois, il voyait son frère partir et ne pas revenir dans la journée. Alors, il attendait, prostré sur les marches il attendait que la grosse horloge du séjour sonne les douze heures. A chaque fois qu’elle sonnait, il courrait jusque dans la pièce qui contenait le carillon et voyait que les aiguilles n’étaient pas à la bonne place, alors il se ruait sur les marches en attendant. Il ne comprenait pas où il allait, et il lui manquais. Alors dès que la voiture faisait crisser ses pneus sur le gravier blanc, il levait la tête et voyait les cheveux couleur des blés de son frangin. Un sourire s’esquissait de manière imbécile sur son visage de gosse avant de lui sauter dessus. Au début, Kamille était étonné de ce geste, mais il s’y habituait, et puis, il devait avouer que son frère aussi lui manquait beaucoup en classe. Oui, ça June l’avait appris il y a peu, c’était pour ça que son frérot était aussi intelligent et savait tant de choses, c’est parce qu’il allait à l’école. Il en fut fasciné, si bien qu’il décida de lui demander de lui apprendre deux trois choses afin d’être parer pour l’année suivante, oui car il y entrait l’année prochaine, maman l’avait promis, alors c’était vrai, sûrement. L’aîné avait soupiré et lui avait demandé d’attendre le soir qu’il revienne. Toute la journée, le gamin s’ennuya, il avais fait une fois le tour de la maison, une fois celui du jardin, une fois le tour de l’immense propriété. Exténué par les tours consécutifs de marche alors qu’il savait à peine marcher, il s’endormit sur le canapé orange de la salle à manger. Il ne voulais pas dormir parce qu’il avait peur que son frère en profite, mais ses yeux ses fermèrent. Il lutta d’abord, secouant la tête dès que le sommeil avait raison de lui, mais lutter contre un être invisible et qui n’existe pas qui plus est bien vain. Le sommeil le gagna.

    - Hé ho, June. Bah alors tu préfères dormir qu’être avec ton frère ?

    Le petit garçon se réveilla doucement. Son frère posa ses lèvres sur sa joue, à quelques millimètres près de sa bouche fine et entrouverte. Ses pommettes étaient brûlantes, cause de la couette qu’avait ajouté à sa mère, de peur qu’il ne prenne froid. Il ouvrit les yeux et vit Kam’ encore un peu flou assis près de lui, lui souriant. Il ne sut quoi lui répondre. Il parlais certes, mais là, il ne savais pas trop quoi dire. Du coup, il se leva, sauta sur le dos de son frère. Ce dernier devina de suite qu’il voulais qu’il l’emmène jusque dans sa chambre pour qu’il lui montre ses cours. Ils arrivèrent rapidement après avoir monté le grand escalier de bois. L’aîné posa son cadet sur sont lit avant d’installer une petite chaise près de son bureau; il n’avait beau avoir que quatre ans, il était déjà très intelligent et avancé contrairement aux autres. Après tout, ses parents étaient eux-mêmes très doués. Pendant une heure, deux heure, le calme dura dans la maison. Les deux frères travaillaient tous deux, June comprenais vite. Toutefois, certains exercices lui paraissaient encore flous. Même après dîner, ils continuèrent d’étudier jusqu’à ce que le petit commença à fermer les paupières. A nouveau, il luttait contre le sommeil. Mais pour rien au monde il n’aurait interrompu ce moment privilégié avec son frère. Celui-ci s’aperçus vite du petit manège et ébouriffa les cheveux de son frère. Il était clair qu’il était exténué, en même temps c’était compréhensible. Il finit ses exercices dans le silence le plus complet, attendant le souffle régulier du petit. Il tourna la tête vers lui et aperçus ses paupières fermées, son corps bouger au fil des respirations. Il était vraiment adorable comme ça. Un sourire s’esquissa sur le visage de Kamille tandis qu’il observais son frère. Il aurait aimé faire ça tout le temps. Toutefois, il se morigéna et pris le corps du garçon endormi dans ses bras. Ses bras étaient encore un peu faibles, mais le corps frêle de son frère était incroyablement léger, il n’eût aucun souci à l’emmener jusque dans la chambre jouxtant la sienne. Il le posa sur le lit, puis le borda comme un père avec son fils. Ses paupières s’ouvrirent soudainement.

    - K…Kam’ ?

    - Dors…Fufu, tu est mignon comme ça.

    Il l’embrassa posément sur le front avant de sortir de la chambre en silence. Kamille rentra dans sa chambre en fermant la porte derrière lui sans un bruit; il ne tenais surtout pas à réveiller son frère. Et puis, lui était aussi tellement endormi qu'il n'aurait même pas eu la force de la claquer n'aurait-ce été qu'un tant soit peu.

    Jour béni, enfin. Il arrivait. Cela faisait déjà deux heures que June attendais prostré sur les marches de l’escalier, un cartable entre les bras. Il était peu fatigué, le stress l’avait envahi toute la nuit, les questions se bousculaient dans sa tête: est-ce qu’il allais aisément s’intégrer ? Est-ce qu’il serais aussi intelligent que son frère ? Est-ce qu’il se ferais des amis ? Et puis, la hâte de ce jour, forcément, il voulais déjà devenir comme Kamille, si bien qu’il avais tenu à aller dans la même école que lui. Ses parents avaient fini par céder après une heure d’une discussion comme l’on en faisait rarement au sein de la famille, on se saurait crût à un débat politique. Mais comme d’habitude, Kirsten avait cédé au regard lapis-lazuli de son cadet ainsi qu’aux prunelles abysses suppliantes du plus grand qui tenait également à avoir son frère avec lui. Seulement voilà, ils ne commençaient pas à la même heure, son frère ,lui, avait déjà commencer ! C’était vraiment injuste ! Lui, ça faisait déjà deux heures qu’il était cloîtré, voire collé sur les marches. Ses paupières se fermaient toutes seules. Oh, il avait l’habitude de peu dormir, c’était peut-être là détail étonnant. Contrairement aux autres personnes, June n’aimait pas dormir et encore moins la nuit. C’était pour lui blasphème sans nom. Il aimait ne pas dormir, puis dès que ses parents partaient se coucher ou allaient regarder la télé dans leur chambre, il se calait sur sa fenêtre immaculée. Il restait là toute la nuit, à observer le firmament, à déceler les constellations, à regarder la lune régner en maître sur les ténèbres, à épier les étoiles filantes ou non. Parfois, il s’endormait sur la lucarne et quand ses parents venaient le chercher, ils ne pouvaient s’empêcher de rire avant de venir le récupérer afin de la poser sur le lit. Mais d’autre fois, il n’allait même pas vers l’ouverture cernée de rideaux argentés, n’allais pas observer le ciel, ne comptais pas s’il y avait plus d’étoiles que la nuit suivante, ne cherchait pas à déceler si les constellations étaient toujours à leur place. Non. Le garçon s’asseyait sur son lit (ou s’allongeais selon son envie) et songeais. Il se posais des questions, se remémorais sa journée, tentais de graver certains souvenirs en lui. Le gosse savait déjà qu’il ne voulais rien oublier de sa vie, de son enfance. Lorsqu’il serait adulte, il voulais être sûr que chaque jour serait en lui, les bons comme les mauvais, les rires comme les pleurs, tout. Et une fois plus cette nuit-là, il était monté sur sa fenêtre en regardant le ciel. Et puis, quand il eût terminé sa contemplation aux alentours de dix heures du soir, heure tôt lui qui d’habitude, allait dans son lit vers les quatre heures du matin. Après, il s’était donc glissé sous ses draps aux dessins grotesques, avait posé ses bras sous sa tête et avait fermé les yeux. Non, il ne dormait pas. A nouveau, il avait réfléchis à sa journée. Et dormir alors que demain était la rentrée, surtout pas ! Il stressait bien de trop pour se coucher. Il bâilla. Sa mère mettait vraiment trop de temps à se préparer, elle aurait pût se dépêcher un peu quand même. A chaque fois qu’elle passait devant son fils, elle lui faisait un petit sourire et lui tapotait la tête. Un moment, elle redescendis, en tenue, maquillée, préparée. Kirsten était très jolie. June ne pût s’empêcher de sourire quand elle lui tendit la main. Il était non seulement très content d’aller à l’école mais en plus, il était persuadé que sa mère serait la plus belle, de toute façon, elle l’était toujours. La jeune femme lui tendit la main et le petit garçon la prit avec ardeur, elle n’eût même pas besoin de lui demander s’il était prêt; elle connaissais déjà la réponse à cette question. Ils traversèrent le hall en silence puis s’installèrent dans la voiture rouge. Sa mère de June tendit le bras et alluma la radio; un son doux et calme envahit l’habitacle. Le garçon commençait à sentir son cœur qui battait de plus en plus vite. Ce qu’il pouvait être stressé. Heureusement, la mère du petit arrivait toujours à faire quelque chose pour lui, que ce soit intentionnel ou non d’ailleurs. A ce moment, elle chantonna puis après chanta entièrement la chanson. Le brun la regardait comme une œuvre d’art, sa voix était aussi belle que toute sa personne, douce, agréable, elle aurait pût être chanteuse. Malheureusement, sa santé était trop fragile pour qu’elle puisse suivre une carrière. Le gosse détourna la tête de sa mère pour regarder par la fenêtre, tandis que la douce voix de la femme continuait, le calmant progressivement. Leur maison étant éloignée de la ville, ils devaient d’abord passer par un petit village de campagne. Normalement, ils mettaient à peine une dizaine de minutes pour arriver à l’école. Toutefois, Kirsten était intentionnellement parti plus tôt pour pouvoir faire un détour et rouler doucement dans le matin. Elle aimait voir ses champs de blé, cette route déserte, ouvrir la fenêtre et respirer l’air frais , comme si elle revivait. La mère avait toujours vécut éloignée de la ville jusqu’à ce qu’elle se marie avec son époux actuel. C’est pourquoi, de temps en temps, elle prenait ce chemin sinueux qui lui rappelaient ses souvenirs d’enfance avec sa sœur et ses parents. June, lui, calmé par la voix apaisante de sa mère semblait sur le point de s’endormir. Les heures de sommeil avaient raison de lui. Néanmoins, et même si ses yeux se fermaient, le stress et l’attente avaient raison de lui. Après quelques minutes encore passées dans le véhicule, ce dernier s’arrêta. Le petit garçon rouvrit les yeux, légèrement endormi par le vrombissement de la voiture ainsi que par son mouvement régulier, et aperçut alors l’établissement qui allait l’accueillir. Il prit son sac dans une main, la mère de Kirsten dans l’autre et un sourire imbécile se scotcha sur son visage. Au fond de lui, il était tellement mais tellement heureux qu’il ne faisait même pas attention aux autres enfants autour de lui. Certains pleuraient, d’autres riaient. D’autres encore étaient seuls, au beau milieu de la cour, laissés par leurs parents. June entraperçut une garçonnet aux cheveux blonds très bien coiffés, avec des yeux d’une incroyable couleur bleue, tenant son père par la main. Le petit Canterburry se dit, à ce moment-là, que c’était exactement le genre de personnes que l’on aurait pût qualifier « d’ange ». Il ne lui manquait plus que les ailes ! Il ne s’attarda pas trop sur ce détail puisque déjà la grosse cloche dorée sonna et sa mère s’en alla, lui faisant une énorme bise sur la joue. Bien qu’il avait hâte d’aller en cours, il mit quelques secondes à lâcher la main de Kirsten avant de voir celle-ci disparaître au loin. Tous les enfants furent emmenés dans le réfectoire, comme un troupeau de moutons et les surveillants les firent s’asseoir dans un brouhaha monstre. Un homme entra soudainement. Grand et plutôt bon portant, ses cheveux étaient grisâtres et peu nombreux; son visage semblait marqué de toute une vie de dur labeur. Ses yeux étaient entre le marron et le vert et avaient visiblement perdus cette étincelle qui brillait auparavant. Il portait un costume marron avec une cravate cramoisie qui ne s’accordait pas du tout à son ensemble. Il prit une paire de lunettes à la monture grise qu’il mit devant ses yeux. L’individu se râclat la gorge et prit la parole d’une voix forte, qui résonnât à travers toute la cantine.

    - Aheeem. Bienvenue très chers élèves de l’école. Nous sommes heureux de…

    June décrochât immédiatement. A quoi cela pouvait-il bien servir de parler et d’user de mots si compliqués pour s’adresser à des enfants qui rentraient tout juste à l’école ? C’était un adulte vraiment stupide celui-là ! La plupart des enfants s’agitèrent et commencèrent à parler. Le gosse aux cheveux noir de jais, lui, ne disait rien. Il comprit juste, dans la foulée des paroles de cet homme, que c’était le directeur et qu’il s’appelait Mr. Worth. Après des minutes qui parurent des heures pour la plupart des personnes présentes dans la salle, le directeur cessa enfin son discours et disparut. Les enseignants emmenèrent alors leur groupe d’enfant dans la classe. June se retrouva avec une professeur qui les fit se diriger vers une porte blanche qu’elle poussa aussitôt. Comme pour chaque rentrée, la salle avait été entièrement nettoyée . L’estrade en bois avait été lavée des traces de craies et des gribouillis, le tableau était encore de couleur sombre, les craies étaient toutes soigneusement classées par couleur dans leur compartiment, les brosses étaient neuves. Le bureau de l’enseignant était en ordre, plusieurs classeurs étaient délicatement posés sur une carte du monde, près d’un globe. Un squelette grandeur nature était légèrement caché par un drap qui avait dû servir de longues années tant il était élimé. Côté classe, il y avait une grande rangée de fenêtres qui donnaient sur la cour, juste en-dessous, des petits coussins avec une bibliothèque comportant quelques livres. Un bocal était posé dessus avec pour seul habitant, un poisson rouge qui bullait parmi la seule végétation qu’était une plante. Les bureaux étaient organisés en un « U », chacun des tables étaient séparées de quelques mètres. Tous les élèves s’assirent où ils le désiraient pour le premier jour. Après ce bazar de chaises, de bureaux, de cartables, de paroles bref, de tout, ils sortirent chacun leurs affaires et les posèrent sur la table. Pour premier cours, les nouveaux eurent arts plastiques, puis récréation. A l’heure suivante, ce fût une courte présentation du programme ainsi que la vérification du matériel pour chacun. A la seconde heure, l’enseignante décida que chacun devait se présenter. June tenta de retenir les noms et déjà des pensées s’instillèrent en lui. Tiens, le petit blond qu’il avait comparé à un ange se nommait Rafaël, étrange coïncidence, un prénom d’ange. Oh la demoiselle aux longs cheveux bouclés et bruns, elle, s’appelait Diane. Une autre petite là-bas qui semblait très timide avait pour prénom Narcissya. C’était étrange. Quand ce fût à June de se présenter, il le fit avec une voix forte, des syllabes bien prononcés, des phrases bien construites. Il fallait dire qu’il avait eût une éducation qui lui permettait d’utiliser des mots peu connus par certains. Tous furent étonnés de ce garçon qui avait un prénom de mois (June signifie Juin en anglais). Puis vint enfin l’heure d’aller manger au réfectoire. Le gosse s’asseya à une table, seul, jusqu’à ce que vienne quelques élèves de sa classe pour lui poser des questions

    - Hé June, pourquoi tu parles comme ça ?

    - T’en connais des mots, comment t’a fait ?

    Un peu le centre de la table, il se sentait tout intimidé au milieu de cette foule de monde qu’il ne connaissait que très peu. La seule personne qu’il voulait voir, c’était son grand frère. Les autres autour de lui affluaient, lui accordait une importance trop grande pour lui. Il n'avait en réalité qu'une envie, qu'un désir, qu'un souhait; partir en courant. Oui, loin de cette agitation grandissante. Comme dans les films, fuir à perdre haleine, à en avoir le souffle coupé, erratique et tomber sur lui. Son frère. Son unique confident, son précieux allié. Mais non. Il restait là, entouré, mais horriblement seul. C'était une sensation étrange, être environné d'une foule de gens mais être si abandonné. Ne pas avoir la personne dont on a besoin près de soi. Cette unique personne. C'était un trou béant dans la poitrine, l'impression que son coeur se resserrait tel un étau. Ca faisait mal. Atrocement mal. Douloureuse sensation. Ses oreilles n'entendaient même plus les questions que ses camarades lui propulsaient à la figure, avec une vélocité et une force tel qu'il se serait crû dans un cauchemar. Il ne percevait que les battements affolés de son coeur. Lui qui avais toujours vécut dans la solitude avec Kam, il se sentait oppressé, opprimé, étouffé. Ils avaient construit comme une forteresse autour d'eux, les protégeant du monde extérieur et de ses pièges. Que la classe s'arrête. Par pitié. Kamille. Kamille ! Kamille ? Mais où était-il ? Que faisait-il ? Et avec qui ? Une larme coula lentement de ses yeux embués. Oh non, pas ça, il ne devait pas pleurer. Ce n'était ni le lieu ni l'endroit. Merde. Il ne pourrait jamais supporter les cours s'il ne pouvait le voir. Lui, ses grands yeux noirs abyssals, ses cheveux blonds ensoleillés, son sourire d'une grâce sans nom, son visage. Son être tout entier lui manquait. Ce n'était pas par vagues, c'était constant. Toujours, il ne pouvait s'empêcher de penser à lui, se demander ce qu'il faisait. Il le voulait lui, uniquement pour lui et pour personne d'autre. C'était son frère ! Il ne le partagera pas ! Jamais ! Te...Pourquoi pensait-il ça tout à coup ? Son frère ne l'avait pas abandonné. Que racontait-il ? Fou. Il devenait fou sans lui. C'était cette présence, cette chaleur, ce corps qui lui manquait près de lui.

    - Excusez-moi, je vous emprunte June un instant ~.

    Hein ? En une minute, Kamille avait trouvé son frère, s'était frayé un chemin sinueux parmi les gosses piaillant, lui avait placidement pris le bras ainsi que son cartable, l'avait emmené au loin avec un calme déroutant. Avec impérialisme et presque fierté, il avait traversé le réfectoire, tel un empereur ramenant son soldat perdu parmi les cadavres de la guerre. Un sourire se dirigea vers June, tremblotant, pleurant, fragile. Faible, horriblement faible, pathétiquement faible. Il s'accrocha faiblement au bras de son aîné. sanglotant tout aussi faiblement sur lui. Le plus âgé prit la main de son frère dans la sienne et le sortir du réfectoire. Tous les regards étaient portés vers les deux Canterburry mais surtout vers le plus grand. Il était beau, si beau que cela en paraissait irréel. Dès qu'ils furent dehors, les langues se délièrent et les rumeurs les plus folles se firent entendre. Une fois à l'extérieur, il abandonna. Des gouttes salées inondèrent tout à coup ses joues. Kam le prit chaleureusement dans ses bras, avec une douceur qui témoignait de l'affection sans limites qu'il avait pour son cadet. Le gosse respirait lentement, tentant de se calmer ou au moins d'arrêter ces larmes. Kamille resserra davantage l'étreinte qu'il avait sur lui, dans un geste très tendre. A ce simple geste, June se sentit rougir, son coeur faisant un bond grotesque. Il se cala contre son torse en espérant ainsi qu'il ne le voie pas. Les bras de son aîné entourait ses hanches; sa bouche finement dessinée murmurait toujours aussi posément "Du calme". Un silencieux et mélodieux son près de lui, juste à côté de son oreille. C'était doux, reposant presque magique. Ses joues devinrent pivoines. Argh, il devait se calmer ! Son frère mit sa main droite sur la tête du plus jeune, lui caressant les cheveux, tout en les ébouriffant calmement. Il en profita pour resserrer son corps contre le sien, comblant ainsi le vide si peu présent entre eux deux. Certains les regardaient à travers la fenêtre, mais les deux s'en fichaient. L'un pleurait de tout son saoul tandis que l'autre souriait d'une manière toujours aussi chimérique. La scène semblait si belle, si parfaite, qu'on aurait pût la peindre sur un tableau et s'extasier sur la manière dont elle était si magnifiquement faite. Les deux étaient en totale contraste; l'un avait les cheveux noir de jais, l'autre blond comme le blé, les yeux noirs profonds comme l'océan, heureuses et pétillantes de vie opposés aux prunelles bleu opalescentes qui se terminaient par des larmes qui ne tarissaient pas, un garçon fébrile et faible à un jeune homme grand et fort. Personne n'aurait aimé briser cette esquisse. Comme dans un stupide cliché, la pluie se mêla aux larmes. Se manifestant d'abord par quelques gouttes orphelines qui vinrent arroser timidement les arbres puis, drue, diluvienne, forte et abondante. Ils n'en bougèrent pas pour autant. Pour le protéger, Kamille le serra contre lui et l'emmena sous l'arbre qui les abritaient assez maigrement de l'averse. Ils restèrent un moment, dans cette accolade parfaite, sous un temps merdique.

    Le soir, les deux rentrèrent main dans la main. Quand ils s'étaient séparés, les frères s'étaient dirigés avec lenteur vers leur salle respective, se quittant dans un dernier regard. L'après-midi avait été long pour June. Trois heures de cours; une de géographie, de maths et de français. La dernière matière, il l'avait aimé. Il ne savait pas trop pourquoi toutefois elle l'inspirait tandis qu'il éprouvait un refus pour les mathématiques. C'était d'une telle stupidité, incompréhensible ! Pendant une demie-heure il avait tenu tête au professeur qui tentait vainement de lui expliquer mais le petit avait fini par avoir raison. L'adulte avait lâché, énervé, qu'il était stupide. Ce à quoi le garçon avait de suite rétorquer qu'il avait l'esprit trop logique pour la logique si simple et stupide des mathématiques, ce qui avait lentement achevé le professeur désespéré. Bien sûr, il n'évoque pas cela. Trempés, Kirsten leur retira vite les manteaux; vu qu'ils étaient rentrés sous cette même pluie fine, on aurait dit que leur habits venaient d'être jetés dans une piscine. Les complices allèrent donc se laver, l'un après l'autre. Puis les devoirs. Gentiment, Kam alla demander si June avait besoin d'aide. Il lui expliqua les maths, mieux que son stupide prof et lui enseigna quelques notions de géographie essentielle pour frimer demain. Assis sur sa chaise roulante, le gosse se concentra tant bien que mal tandis que son aîné était à même le sol, sur lles genoux à lui apprendre un moment l'histoire puis les sciences naturelles. L'heure tournait tranquillement dans la maison calme, dénuée des cris et rires qui l'hantait depuis quelques jours. Leur mère les appela afin de manger. Aucun n'évoqua l'incident du réfectoire à table. Avec un simple regard envers son aîné, le plus petit des Canterburry lui avait demandé implicitement de taire cela. Automatiquement, cette chose bénigne fût passée sous silence avec agilité et dextérité, un léger clin d'œil allant vers le plus jeune lorsque les parents eurent le dos tourné. Et comme d'habitude, on évoqua la journée de chacun, l'école, le travail, les amis, la famille. Le dîner ne dura pas moins longtemps que d'habitude. Ce n'était pas le fait qu'il y aurait de l'école demain qui les empêcheraient de parler; au contraire ils restèrent plus longtemps que d'habitude. Après le récit de la journée, tous allèrent se coucher. Comme d'habitude, Kam borda soigneusement son frère avant de déposer un bisou sur son front. Il le prit dans ses bras. L'étreinte se fit sans bruit, sans un mot, June était tellement étonné qu'il n'osa rien dire; son frère n'avait guère l'habitude d'exprimer de tels sentiments, malgré le fait qu'ils étaient tous deux très proches. Il fit semblant de dormir, les yeux entrouverts, regardant son aîné s'éloigner lentement, avec un sourire. Il frémit. Ce sourire était tellement beau, tellement magique, ce n'était guère étonnant que son frère ait déjà tant de prétendants aussi bien féminins que masculins. Il faisait aussi vacille le coeur de June mais cela il ne l'aurait dit pour rien au monde. Rien qu'avec ça, il s'endormit. D'un sommeil profond. S'il avait été Dieu, il aurait fait que ce sourire ne quitte jamais le visage de son aîné, qu'il perdure éternellement et inlassablement, quelque soit le malheur des autres, quelque soit la pauvreté des gens, quelque soit le mal qui l'entourait, il s'en serait moqué. Si seulement il pouvait être Dieu, il aurait régné et son frère aurait été si fier de lui, il l'aurait emmené au Paradis et ils auraient été heureux ensemble. C'était utopique, c'était stupide, ce n'était qu'un rêve. A cet âge, il voulait devenir Dieu, avoir des pouvoirs magiques, être immortel et annihiler la mortalité de Kamille aussi. Ainsi, ils traverseraient les temps, les siècles, l'espace temps et seraient heureux, sans se soucier de rien. Quelques larmes coulèrent sur ses joues, glissèrent jusqu'à ses lèvres. Il n'entendit pas la porte s'entrouvrir, n'ouïs pas le parquet craquer sous les pieds d'un étranger dans la pièce. Tout à coup, il sentit une légère pression sur le bord du lit et sans réfléchir, alluma la lumière, dévoilant son visage larmoyant à la seule personne à qui il ne désirait pas le montrer. Il se cacha sous les draps.

    - June ? June ça va ? Tu pleures ?!

    - N-Nan !

    - ... Tu ne sais pas mentir ...

    Le blond retira violemment les draps et pris son frère dans ses bras en voyant ses larmes. Il lui caressa lentement ses cheveux tout en lui demandant pourquoi ces larmes. N'obtenant pas de réponse, il n'insista pas et le serra davantage encore. Ouais il voulait devenir Dieu, ainsi il ne pleurerait pas, il n'aurait pas honte devant son frère, il le ferait toujours sourire. Cela aurait pût être si simple, une banale fraternité. Un amour entre frères comme partout. Mais non, rien n'est jamais simple. Jamais n'est d'une simplicité affligeante et tant déroutante. Il fallut que leurs cœurs battent au même rythme, à l'unisson, que leur vie ne tiennent qu'à l'autre. Dans cette nouvelle étreinte, un sentiment nouveau, oppressant, mais aussi tellement beau. Kamille donna un bonbon à son frère; le sucré faisait toujours disparaître les larmes et se retira de la pièce non sans lui avoir souhaiter une énième fois de faire de beaux rêves et de bien dormir. Le petit garçon n'ouvrit pas la sucette et la cacha dans son armoire, tout à ses larmes. Ca faisait mal, vraiment mal. De voir disparaître une personne. Ce n'était pourtant que son frère qui quittait la pièce, ils se reverraient demain après tout. Et pourtant et pourtant...Son coeur se resserra tel un étau.




Dernière édition par June R. Canterburry le Dim 21 Mar - 11:20, édité 1 fois
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Galahad D. Azarov
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MessageSujet: Re: June, fiche deux | En cours de construction |   Dim 21 Mar - 8:35


    Chapter III: Nous deux, égoïstes


    Avis aux homophobes: Ce chapitre est en partie consacré à June ainsi qu’à son frère Kamille. Comme vous pouvez vous en doutez, les deux protagonistes vont avoir une relation incestueuse. Que ceux qui ne sont pas amateurs de ce genre de scènes, retire ce chapitre de leur vue. Je conseille également à certaines personnes qui pourraient (sait-on jamais) être choquées, de ne pas y jeter un œil, bien que ce chapitre ne soit aucunement pornographique. Les autres, enjoy ^_~

    Cela aurait pût être un jour banal et cela commençait normalement. Où est la normalité ? Hé bien c'était un jour de vacances de Pâques, le soleil pointait discrètement son nez dans la journée. Et cet incident se produisit. Bien que ce ne soit pas un véritable accident, ce fût le début de jours tristes, douloureux et haletants. Personne ne le savait. On s'en doutait, on le sentait, c'était un sentiment tellement prégnant, tellement fort, tellement intense. Personne ne peux jamais rien prévoir c'est vrai. Ce serait tellement merveilleux. Cela se passa dans la bibliothèque familiale, Kamille et June s'y étaient rendus, comme presque tous les jours. C'était devenu leur lieu de prédilection, leur endroit favori lorsque le temps se faisait gris ou simplement pour se détendre d'une longue journée de cours. Ils avaient tous deux pris un quelconque livre, s'étaient assis sur un canapé, l'un à côté de l'autre, tel un vieux couple le plus jeune avait posé sa tête sur l'épaule de son aîné. Ils se levèrent au même moment, histoire de changer de livre. Tout sifflotant, le garçon s'était attaqué aux étagères d'un œil attentif. Il ne remarqua pas la façon dont Kam le regardait, il ne le voyait pas. Et puis tout à coup, son frère s’approcha de lui, il le vit venir, mais il ne se posait pas de questions; après tout qu'aurait-il bien pût lui faire ? Rien. C'était du moins ce qu'il imaginait. D’un coup, ses poignets furent encerclés et il fût projeté contre le mur non loin, avec une violence que l'on ne devinait guère chez le blond. June poussa un cri étouffé, étonné. En face de lui son frère le tenait fermement contre le mur. Il voulut lui demander ce qu’il faisait ainsi, toutefois, il ne sut pas pourquoi, il ne le fit pas, peut-être avait-il peur de la réponse. Il aperçut son visage s’approcher du sien dans une extrême lenteur, ses joues devinrent pivoines. Malgré qu'ils soient très proches, cette promiscuité avec ses yeux ténébreux, ses cheveux de blé retombant gracieusement sur ses sourcils, tous ses traits si magnifiquement dessinés, lui fit un pincement au coeur. Il sentit alors les lèvres de son frère sur son cou, chaudes, brûlantes, douces. Il ne comprenait pas. Il sentait ses baisers qu’il lui donnait près de ses veines saillantes. Son cœur battait à un rythme impressionnant dans sa poitrine. Que faisait-il ? Pourquoi ? Ce n'était pas...Désagréable. Non, non ils ne devaient pas. Il ferma les yeux, tentant vainement de chasser l'image de son frère, quand il sentit ses canines lentement se refermer sur son cou, provoquant un immense frisson dans son échine. Il poussa un petit cri presque inaudible, comme un jouissement, un son teinté de désir mélangé à une sorte de questionnement. Des tas de questions lui envahissaient l'esprit. Il les rejetaient toutes. Il avait beau se dire qu’il aurais dû rompre ce contact, il ne parvenait pas à se détacher, il n'arrivait pas à défaire ses poignets des bras musclés de son frère, à retirer son corps près du sien, à le rejeter. Et il était persuadé que, même si Kam’ lui aurait lâcher les mains, il n’aurait pas bouger d’un poil. Il tressaillit quand il perçu sa langue remonter juste en-dessous de son menton puis redescendre lentement. Il se mordit la lèvre afin de ne pas pousser un second cri; il se sentait déjà suffisamment ridicule. L'aîné lâcha un "June..." horriblement sensuel, dans un souffle quasi érotique qui ne fit que plus d'effet au garçon. C'était invraisemblable, impensable, inconcevable, impossible. Son pouls s'accéléra encore davantage quand il rouvrit les yeux et qu'il le vit. C'était un spectacle inimaginable que d'apercevoir son frère lui faire ces choses. Il avait beau se dire qu’il ne fallait pas, il aimait cette sensation. Kamille déposa de légers baisers sur son cou, remontant dangereusement vers les lèvres de son cadet. Celui-ci le regarda, avec l'impression que son coeur allait exploser à force de battre si vite. Une bosse se forma dans son entrejambe, ce qui ne fit que le faire rougir davantage. C'était atroce. Non seulement c'était son frère mais c'était un homme. Comment pouvait-il lui faire autant d'effet. Il n'arrivait même plus à penser, tout était trop troublé par les gestes de son frère. Ce dernier posa délicatement ses lèvres sur les siennes. Ce fût... Un feu d'artifice. Les yeux ouverts, June sentait les mains tremblantes du garçon contre ses poignets, ses baisers étaient courts mais toutefois merveilleux. Il ne se débattait même pas, ne tentait rien, la seule qu'il désirait c'est que cette scène ne s'arrête jamais, malgré qu'il s'imposait lui-même le devoir de tout stopper. Le plus vieux des Canterburry introduit lentement sa langue dans la bouche du plus jeune. Cette fois-ci, il ferma les yeux, désirant profiter de ce moment. Leurs deux lèvres s'accordèrent à la perfection, comme si elle s'étaient toujours attendues, cherchées. Lentement, une main s'instilla sous le T-shirt de June. Leurs deux bouches se quittèrent sans bruit, sans un mot. Le plus jeune n'osait rien dire, de peur de briser ce moment. Le plus âgé s'attaqua à l'oreille de son frère et la mordilla sensuellement.

    - Les garçooons ! Où êtes-vous ?

    La porte s’ouvrit dans un fracas. En un instant, Kamille s’éloigna de lui et se rua sur une étagère de la bibliothèque, tout en se tapant à celle-ci. Leur mère arriva à leur hauteur alors que le jeune June n’osait toujours pas bouger, encore sous le choc. Elle lui demanda pourquoi il restait là, à attendre. Il bégaya en répondant qu’il attendait que Kamille choisisse son livre afin qu’il puisse faire mon choix. Elle fut contente de sa réponse mais elle somma les deux garçons de venir mettre le couvert pour manger. Son frère dépassa le garçonnet et courus jusque dans la cuisine, sans un regard pour le jouet qu’il avait laisser béat contre le mur. N'avait-il été que cela ? Un simple divertissement l'histoire de quelques minutes ? Ou alors se moquait-il de lui ? Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes. Cela faisait plusieurs jours qu’ils s’évitaient désormais ou plutôt Le garçon le voyait. Il savait qu'il le fuyait. Eux qui étaient si proches auparavant, voilà que dès qu’il entrait dans une pièce, lui, en sortais. Dès qu’il tentait de lui parler, il répondait vaguement puis se retirait dans sa chambre ou dehors sans un mot. Son coeur lui faisait mal, si mal. C'était douloureux. Une sensation amère sur la langue juste après la douceur de la langue de Kam'. Etait-ce sa punition pour avoir céder à son frère ? De ne pas avoir tenter de se dégager de son étreinte ? Après une semaine de cette situation, le gosse n’y tint plus et se décida à lui parler. Il réfléchis à comment aborder le jeune homme, pour qu'il ne lui échappe pas, à nouveau. Il se rappellerai toujours de ce jour, c’était un Mercredi après-midi, la pluie tombait sur la ville ainsi que sur le manoir. Le temps était sombre et dur, la journée s'annonçait mal. Le garçon compris pour la première fois le sentiment de mélancolie que l'on éprouvait lorsque le ciel pleurait. C'était comme si tout votre coeur se vidait, comme si tout le bonheur avait quitté ce monde, comme si vous n'aviez jamais connu rien d'autre que la tristesse, comme si tous vos malheurs se réunissaient en ce simple ciel obscur et dévastateur. Voilà pourquoi ils étaient tous deux cloîtrés à l’intérieur, avec quelques occupations sans importance; à cause de ce temps déchirant et désespérant, d'une douleur qu'on ne parvenait à soupçonner. June préparait déjà son discours mais il n’avait toujours pas vu son frangin de la journée. Il soupira. Il se rendit ensuite à la cuisine, histoire de boire quelque chose afin de se sortir tout ça de l’esprit; il fallait se rendre à l'évidence, tout était perdu. C’est là qu’il le vit. L'intéressé tourna les yeux vers lui, ébahi, comme s’il ne l’avait jamais vu. Il les rebaissa immédiatement et mangea un peu précipitamment. Le plus jeune savait, au fond de lui qu’il devais lui parler, le questionner, mais il bloquait, les mots n'arrivaient pas à sortir de sa bouche. Il passa près de lui et ouvrait le frigo en hâte avant de prendre une quelconque boisson. Maintenant qu’il l’avait vu, plus rien d’autre ne lui importait. Il se prostra contre le mur, attendant en avalant la boisson qui descendait le long de sa gorge. La bouche sèche, il ne savait trop comment s’exprimer. Kamille se leva d’un coup, bredouillant le fait qu’il avais terminé. Et là, tout s’arrêta. A l’instant même où il passa devant le garçon, il le prit par la taille et le colla contre le mur avec une violence innée, impossible à deviner à l‘œil nu. Comme il y avait une semaine à peine, les garçons furent plaqués au mur; les rôles étant simplement inversés. Le souffle erratique, il ne savait pas trop bien ce qui le prenait. Kamille non plus apparemment. Il le regardait avec des yeux ébahis. Puis ses derniers se baissèrent à nouveau, tentant de dévier son visage. Le cadet, lui, resta les prunelles bien plantées dans les siennes, comme par pure provocation . Il jugea bon de d’abord prendre la parole mais les mots ne venaient pas, ne parvenaient toujours pas à sortir. Il se retint de coller une claque à son frère pour qu'il le regarde. La colère surplomba la patience et il lui cria presque:

    - Pour…Pourquoi tu m’évites ? Je peux le savoir ? Je comprends pas pourquoi t’es comme ça avec moi depuis près d’une semaine. Explique-moi ! J’en ai marre de tout ça. Je ne peux pas accepter le fait de ne plus te voir...

    June prit son menton dans ses doigts et lui releva la tête afin que son regard noir plonge dans le sien, le forçant à dévoiler ses plus sagaces émotions. Il semblait y lire de la tristesse, des remords, il ne comprenait pas, à nouveau. C'était comme plonger dans un puits infime de questionnements, comme jeter un caillou dans cette eau profonde et trouble qui résonnerait encore et encore sous les ricochets.

    - Comment ça, tu ne comprends pas ? Tu te fiches de moi ?! C’est depuis que…L’autre jour j’ai…

    Il le regarda. Jamais il ne l’avais vu aussi gêné, aussi petit face à lui ou face à qui que ce soit d’autre. Ses joues prirent une teinte rosée, tandis que celles du garçonnet étaient carrément rouges alors qu’il commençai à comprendre le pourquoi du comment. Faisait-il allusion à ce jour-là ? June repassait le fil des évènements dans sa tête. Oui, ça devait être depuis cette journée, effectivement. Il revoyait cette scène dans la bibliothèque familiale. S’il avait pût rougir davantage, sans doute cela aurait-il été fait, mais cela était impossible tant il était déjà cramoisi. Il se remémorait chaque détail avec subtilité, presque avec plaisir. Ca avait été…Loin d’être désagréable. Non, il ne devait pas penser à ça. Son frère avait sûrement voulu joué avec lui une fois de plus. Mais dans ce cas, pourquoi l’évitait-il ? Pourquoi refaisait-il allusion à ce jour-là ? Pourquoi est-ce que ses joues à l’habituel si pâles étaient désormais ornées de rose ? Pourquoi est-ce que le cadet sentait mon cœur battre si fort ? Il cherchait la réponse, les réponses à ses questions, dans ses yeux couleur abysse. Il se perdit dans ses prunelles, comme s’il tombait et que rien ne pouvait le récupérer. Il approcha son visage de lui, contrôlant à peine ce geste. Il n’était désormais qu’à quelques centimètres de lui. Il sentait le souffle chaud de Kam près de sa peau, tout contre lui. Ses lèvres n'étaient plus très loin. Il ne voulait pas vraiment le faire, c'était plus fort que lui; la passion et le désir avaient raison de lui.

    - June…Lâche-moi... J-June...

    Il ne l’écoutait pas. Il remarqua que Kamille semblait lutter contre lui-même, lutter contre cette sensation qui l'envahissait aussi, lutter contre ce sentiment enivrant. Ses lèvres se rapprochèrent davantage de celles de son aîné. Il ne savait pas bien s’il devait continuer ou non. Il crût que son cœur allait bondir de sa poitrine. Kam’ détourna la tête, évitant le baiser, avant d’attraper son bras droit. Il voulut crier en lui demandant ce qu’il faisait, mais il n’en eut pas le courage. Ils dévalèrent l’escalier jusqu’à la chambre de Kamille. Qu’allait-il lui faire, le taper ? L'insulter ? Non, il en aurait été incapable. Il ferma la porte derrière lui et plaqua son cadet à la porte. Il tapa un coup contre celle-ci, tout proche du garçon, presque effrayé. Pour la première fois de sa vie, il avait peur de son frère, peur de ces gestes, peur de cette soudaine colère semblait-il. Il le regarda, ses yeux semblaient le transpercer. Durant quelques instants, il ne dit rien, June vit ses lèvres trembler, ses yeux semblaient perdus, cherchant quelque chose dans les siens, couleur lapis-lazuli. Il ne pouvait pas bouger, il était tétanisé contre la porte. Comme le jour dans la fameuse bibliothèque, sauf que là, rien ne le tenait. Il ne pouvait cependant pas partir puisque Kamille avait plaqué sa main grande et tremblante sur le passage. Toutefois, il aurait pût s’extirper, s’éloigner. Non, il ne le fit pas. Il ne comprenait pas pourquoi d’ailleurs. Encore une fois, il était pétrifié par la simple présence de son frère. Kamille trembla puis finit par révéler:

    - Pourquoi June ? Dis-moi pourquoi !

    - Pourquoi quoi ? C’est plutôt à moi de te poser la question. Je…Je ne comprends plus rien.

    Le frère aîné marqua une courte pause, il avait encore cet air étonné. Comme tout à l’heure, ses joues se rosirent avant qu’il n’avoue.

    - Je fais tout pour me contenir. Je t’ai évité, j’ai essayé de fuir. Mais toi, non parce que Monsieur a décidé qu’il fallait qu’on parle.

    - Te…Contenir ?

    - Tu ne comprends vraiment rien ! Pourquoi est-ce que tu ne piges pas à la fin ?

    - Que je pige pas quoi ? Que tu fuis, non, je ne comprends pas. Je comprends pas pour quelle raison stupide t’a décidé de m’éviter, pourquoi du jour au lendemain tu a évité mon regard, évité mon simple passage, ma simple présence, le simple son de ma voix.

    - Tsst. Réfléchis un peu. Pour quelle raison je pourrais t’éviter à part le fait que…Que je m’en veuille de ce que j’ai fais l’autre fois dans la bibliothèque. Merde à la fin !

    - Hein …?

    Il ne comprenait rien, tout lui paraissait flou. Ainsi, il regrettait ? Il en aurait presque souffert. Son coeur vacilla, trembla, en décomposition. Il s'émiettait lentement, en pièces. Son regard se remplit de tristesse, son coeur de noir. Un éclair transperça le ciel.

    - Tu…Regrettes ?

    - Quoi ?

    - Tu regrettes ce que tu as fais l’autre fois, c’est ça ?

    - Qu’est-ce que tu essayes de me faire dire au juste ?

    - …Que moi je ne regrettais qu’une chose…Le fait que je n’ai pas pu terminer ce que ...J’ai faillis faire à l’instant.

    Kamille le regarda avec un regard étonné, il ne semblait pas comprendre les paroles que venait à l’instant de prononcer son propre frère ou plutôt il ne pouvait les croire. Il ne pouvait pas croire que ces sentiments qu'il avait toujours sans cesse réfréner revenaient ainsi, que cette simple déclaration puisse lui faire tant d'effet. C'était un mélange contrasté de bonheur et d'incrédulité.

    - Je…June…

    - Qu…Qu’est-ce qu’il y a encore ?

    - Pourquoi tu dis ça ? C’est moi qui ne comprends pas là. A ce moment-là, tu as essayé de …M’embrasser. Comment ça se peut que tu ne regrettes pas ce que tu a presque fait ?

    - …Je n’en sais rien. C’est bien là le problème. J’arrive pas à comprendre. Et…J’essaye depuis ce qui s’est passé, et pourtant, tout me semble flou. Et puis c’est de ta faute d’abord ! C’est...C'est toi qu’à commencer !

    - Je …Suis désolé. Je n’aurais pas dû t’entraîner là-dedans. Je n’aurais jamais dû faire ça. Excuse-moi...June

    Il se poussa et retira sa main de l’ouverture. Il se tourna et se stoppa. June ne bougeait pas, qu’allait-il se passer ? Sûrement rien. Pas tant que son frère ne lui aurait pas avoué la vérité. Il voulait l’entendre de sa bouche, de ses lèvres tremblantes. Lui non plus ne bougeait pas, il attendait, au milieu de la pièce, la tête baissée. Le petit frère s’avança vers lui en silence et appuya sa main sur son épaule. Il sursauta et se retourna. Hein ? Des…Larmes ? De l’eau coulait lentement de ses yeux pour s’échouer sur ses joues. Le cœur endolori du gosse se retourna. Il avait rarement vu son frère pleurer, mais surtout, il ne comprenait pas pourquoi il avait cette réaction.

    - Que …?

    - Ne me regarde pas !

    - Pourquoi ...Tu pleures ?

    - Im…Imbécile ! Tu devrais comprendre à la fin, non ? Pourquoi tu ne peux comprendre ? Pourquoi c'est toi ? Pourquoi c'est toi que j'aime bordel ?...

    Il sursauta. Que venait-il de dire ? Non, enfin, c’était impossible. Il devait rêver, oui c’était ça, il allait se réveiller d’un moment à l’autre… En réalité, il ne tenait pas à s’éveiller, au contraire. Il aurait voulu que ce songe dure encore et encore, jusqu’à n’en plus pouvoir. Parce qu’il se rendait progressivement compte, que ses mots le touchaient, son cœur battait vite, trop vite. Il croyait qu’il allait s‘extirper de son corps. Il sauta sur le dos de son frère avant de l’enlacer dans ses bras plus que tendrement. Il respirait contre son échine, heureusement qu’il n’avais pas d’yeux dans le dos, cela évitait que son regard perdu croise le sien, si intense. Kamille prit les mains de son cadet doucement, entre les siennes, si chaudes, si douces, si grandes, si réconfortantes, aimantes. Il mourrait d’envie de lui faire face, mais il craignait de n’avoir ce courage. C'était si beau, si agréable, ce ne pouvait être qu'un conte de fées, en aucun cas ça ne pouvait être probable. Kam retira l'étreinte de son frère et lui fis face, les joues rouges, les yeux légèrement larmoyants. Il était beau, si beau, de cette beauté enivrante, irréelle, le genre d'homme impossible à attraper, libre comme l'air. Dès qu'on pensait l'atteindre, on se rendait compte que cette beauté n'était pas à notre portée, que l'on ne pouvait rivaliser avec. Toujours leurs mains entremêlées, le grand frère se décida à prendre la parole. Entre ses lèvres glissèrent des mots qu'il avait toujours dissimulés, ruban de soie que l'on délie doucement entre les doigts.

    - June...J'ai besoin que tu l'entendes. J'ai envie que tu saches mes sentiments, je ne peux plus m'en cacher. Je sais que c'est égoïste, je t'ai toujours gardé près de moi, juste pour moi. Peut-être que je voulais garder la seule chose pure en ce monde. La seule qui vaille la peine à mes yeux. Tu es mon trésor, le seul, je te protégerai. Même si tu deviens fort, même si tu n'a pas besoin de m'aide, même si je te gêne. Et même si tu me rejettes ça ne fera jamais plus mal. Parce que c'est toi. Même si tu me tuais avec ces mots, je ne pourrai pas t'en vouloir parce que...Je t'aime. Trop, beaucoup trop. Je suis amoureux de toi June, je t'aime tellement c'est affreux et tellement beau à la fois. Affreux ouais parce que ça te brûle, parce que tu pense toujours à cette personne, parce que t'a toujours envie de toucher ses lèvres des tiennes, parce que c'est un déchirement de voir la personne s'évaporer sous tes yeux, parce que t'aimerais ton coeur batte au rythme du tien. Beau, d'une magnificence incomparable semblable à une pierre précieuse mais plus merveilleux encore. T'a toujours le sourire, tu deviens mièvre, t'entends la voix si réconfortante de cette personne, tu sens sa présence contre toi, foudroyant ton corps d'un désir si fou que tu crois en crever. Je t'aime comme ça, à en crever. Et ça fais peur, je sais, je risque à tout instant de te blesser, de te briser et pourtant, j'y arrive pas. J'arrive pas à m'empêcher de t'aimer...

    June retint son souffle. Une déclaration, une vraie, de son frère. Son frère...Il l'aimait. Que devait-il faire ? Que pouvait-il faire ? Il n'y avait pas d'échappatoire. Il ne pouvait pas partir comme cela après une telle annonce. D'une beauté inégalable d'ailleurs. Plus belle que le ciel, plus belle qu'un arc-en-ciel, plus belle que les étoiles. Plus belle que les yeux de son frère, plus belle que les cheveux de son frère, plus que les lèvres de son frères. Plus belle qu'une chanson d'amour, plus belle qu'une chanson triste, plus qu'une mélopée. Plus belle que la vie, plus belle que la mort, plus belle que tout.De cette beauté indescriptible et inaccessible à la plupart du genre humain. Il retint ses larmes, il ne pouvait pas pleurer. Pas devant lui, surtout pas devant lui, la seule personne devant qui ile ne pouvait pas. Kam lâcha les mains du cadet, sans doute défait par le propre aveu de son amour fou pour son frère. Il avait peur, peur de la réponse, du rejet. Les conséquences, il n'en avait cure. Les problèmes également. Si...Si seulement June avait pût être amoureux de lui aussi. Et là, arriva une chose qui échappa au contrôle du plus jeune; voyant son frère s'éloigner, il n'avait pût résister, n'avait pût consentir à le laisser s'éloigner davantage de lui. Il avait sauté sur lui, recherchant son visage, ses yeux, ses cheveux, son visage, ses lèvres. Il l'embrassa du bout des lèvres d'abord, devant se mettre sur la pointe des pieds. Maintenant, maintenant qu'il savait ses sentiments il ne pouvait pas revenir en arrière, il savait que ce n'était pas bon. Pas bon du tout aussi bien pour l'un que pour l'autre. Mais il s'en foutait Ô combien il n'en avait à foutre. Plonger dans la décadence avec l'être aimé, qu'est-ce que cela pouvait retirer à notre vie ? Kamille l'embrassa à nouveau, peu après que leurs lèvres se soient quittées, dans un baiser plus vif, plus intense, plus interdit et plus fou encore. Leurs cœurs battaient au même rythme, à ce même amour fou et impossible. C'était défendu, illicite, illégal, proscris, prohibé. C'était une descente directe en enfer, c'était goûter le fruit interdit, croquer dedans à pleines dents et la jeter au loin. S'évader de l'Eden sans aucune considération. C'était...Aimer. Leurs langues se délièrent, se touchèrent, dansèrent ensemble, dans un accord parfait. Leurs mains parcouraient le dos, les cheveux, les reins, les joues. Si quelqu'un était rentré, cette scène l'aurait sans doute excité tellement elle était torride de son intensité, de cette descente directe vers Cerbère et ses comparses. Choquée, la personne n'aurait pût s'empêcher de regarder avec un profond sentiment de désir en voyant ce tableau parfait entre deux hommes en train de développer cet amour interdit. A s'embrasser sans retenue, à souffler de désir, chuchotant sensuellement le nom de l'autre avant de reprendre en toute hâte.

    - K-Kam...

    - June, june...Je t'aime June... Je t'aime

    Son coeur battait trop fort. Il déglutit. Dans une respiration haletante, il dégagea ses lèvres de celles de son frère, se calant tendrement dans son épaule...

    - Kam, haa Kam...Je t'aime...Aussi...

    Et ils chutèrent, encore davantage jusqu'à ce que plus rien ne puisse les récupérer, ne puisse les sauver. Ils décidèrent de basculer ensemble, à vie, éternellement vers l'Enfer et même plus encore...

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MessageSujet: Re: June, fiche deux | En cours de construction |   Jeu 25 Mar - 6:13

    Chapter IV: Les flammes de la vie.

    Ô flamme qui vacille dans la nuit sombre et tourmentée. Déjouant les cruels pièges et tourments. Doucement tu t'étoffes et devient un feu brûlant. Embrasant manoir et souvenirs enfouis dans un coeur. Lentement tu te consumes, brûlant tout sur ton passage sans distinction aucune. La chaleur telle l'enfer est insoutenable et les corps prisonniers déjà hurlent en sentant la souffrance semblant éternelle sur leurs peaux. Les larmes coulent mais déjà tu les spolient et te les accaparent pour ton plaisir égoïste et cruel. Pour mieux assouvir ta haine incontrôlable de tout incinérer, tu attaque photos égarées, sourires vagabonds, baisers dérobés. Bientôt la Grande Faucheuse prendra ta relève afin que toute trace de ton crime disparaisse.

    Tout se décomposa devant ses yeux. Amant ou frère. Mère ou père. Souvenirs heureux ou malheureux. Plus rien n'était. June s'était réveillé parmi la chaleur, ne comprenant guère d'où venaient ses flammes qui, promptement, chassaient tout sur leur passage. Il avait appelé, encore et encore d'une voix perdue son frère. Rien. Sa chambre était vide. Le salon où lisait son père quelques heures auparavant était déjà consumé et il sût à cet instant qu'Ephyre n'était plus. L'espoir l'avait quitté quand il vit ce crime. Livres brûlés, meubles calcinés, réminiscences dépouillées. Les larmes avaient gagnées ses joues, déjà il voyait trouble. Mais il savait qu'il ne pourrait rien sauver. Tout volait en éclat. Comme la porte par laquelle il était passé, seul vestige du Manoir. De l'extérieur on voyait la maison en flammes, montant jusqu'au ciel, le feu dévorant la maison. Les secours arrivèrent mais ce ne fût pas suffisant. Pendant une heure, les pompiers se débattirent contre le feu toujours plus ardent, devant les yeux effarés et hagards du garçon. Sa vie venait de chuter. Il était toujours là, à terre, à regarder ce qui n'était finalement plus qu'un énorme brasier chuter devant ses yeux. La scène était indescriptible. Le vent ramenait les braises dans les cheveux du jeune éphèbe, sur sa peau diaphane, sur ses joues noyées de larmes, sur ses habits, unique souvenir de ses parents. Tout partait en fumée. On vint le relever, le couvrir d'une serviette, lui poser mille et une questions bourdonnant à ses oreilles devenues sourdes. La seule chose dont il avait envie c'était de retourner au feu, rejoindre sa famille. Morts. Ils étaient morts. Il le savait. Tous étaient morts. Lui seul avait survécu à l'incendie.

    -NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !

    Son cri perça le ciel noir de fumée, noir de deuil. Il échappa aux bras des pompiers. Il devait y aller. Il ne pouvait pas être le seul survivant. Ils hurlèrent tandis qu'il courrait, courrait, courrait vers la maison. Ses jambes ne ressentaient plus la douleur. Sa tête ne ressentait plus la douleur. Ses muscles ne ressentaient plus la douleur. Ses entrailles ne ressentaient plus la douleur. Seul son coeur se convulsait de douleur. Dernier déchirement. Il se jeta dans dans l'antre du Diable. Chaque pièce. Chacune il devait l'inspecter. Et dans chacune se fût le même spectacle affligeant. Des flammes dévorantes, avides de se nourrir toujours plus. Tout se colorait d'orange, de jaune et de noir. La fumée gagnait ses poumons, obstruait sa gorge, le faisait haleter. Il n'en avait cure. Dès qu'une porte s'offrait à lui, il l'ouvrait. Il ne s'arrêtait pas. Il ne sentait plus rien. Les gouttes s'échouaient toujours plus ses joues, repoussant parfois quelques flammèches qui repartaient ensuite de plus belle. Dans sa tête et son coeur c'était un champ de bataille, tout explosait, tout sombrait dans un chaos sans nom, plus rien n'avait de valeur, tout lui était indifférent. C'était toujours avec une force d'origine inconnue qu'il ouvrait les portes et criait les prénoms de son père, sa mère ou son amant. C'était avec ses mêmes larmes qui le tuaient peu à peu. Il perdait l'espoir. L'espoir qu'un jour il les reverraient en vie, qu'ils étaient vivants, qu'ils rigoleraient tous ensemble, qu'ils se confieraient des secrets. Oui, tout comme le manoir, ses espérances partaient en fumée. Devant la dernière porte, il pria silencieusement. Il avait réussi à perdre les pompiers et se retrouver seul devant la porte de Kam. Avec douceur, il entrebâilla l'ouverture et son coeur se déchira. A nouveau, ses genoux eurent un contact avec le sol brûlant, à l'habituel si glacial. Cette pièce, ces murs, ce lit, ces meubles, ces photos, ces souvenirs. Tout avait disparu dans le ventre de l'incendie qui n'avait pas daigné laisser ne serait-ce qu'une once de souvenir pour June. Le garçon n'eût même pas le courage d'ouvrir la bouche. Il ne réussit même pas à pleurer. Sa poitrine lui faisait mal, trop mal pour tout ça. Comme si son coeur se resserrait et ne bougeait plus, se glaçait dans un iceberg pour ne plus ressentir la douleur, la rage et les flammes. Les pompiers le traînèrent sans mal de devant la scène. Il savait qu'il ne l'oublierait jamais. Que cette horreur resterait gravée dans sa tête. A travers le brasier, on l'emmena sans qu'il ne rechigna, sans qu'il ne parlât. Il regardait une dernière fois les pièces de ce manoir en sentant des gouttes parsemer ses joues. Dans sa tête, ce n'était que le chaos, qu'un trou béant dénué de toute logique, de toute envie de comprendre. Il ne voulait pas. Pourquoi devait-il être le seul survivant ? Pourquoi devait-il perdre tout ce qu'il voulait ? Pourquoi devait-il dire adieu à son passé ? Pourquoi devait-il... Pourquoi... Pour...Quoi... Il franchit la porte immense du manoir, fermant les yeux pour ne pas voir cette déchéance. C'était ça. Auparavant il était un ange, voguant sur les nuages du bonheur, jouant avec son père, sa mère, son frère, les chérubins. Il riait devant Dieu, assis sur son trône étincelant. Désormais il n'était qu'un ange déchu, abattu, perdu dans les flammes de l'Enfer et de la haine. Tous étaient tomber de leur nuage et brûlaient désormais en souffrant. June priait devant Lucifer, maître incontestable de ces lieux, afin que tout revienne, que rien ne soit perdu. Mais ses prières restaient vaines. Les diables dansaient effrontément autour de lui, chantaient des imprécations macabres. Tout était noir de sens. On l'assit sur une chaise, le couvrit d'une couverture, l'amena loin de ce qui était auparavant le manoir des Canterburry. Les gens éteignaient le feu promptement mais le brasier gagnait toujours plus de terrain. L'air était frais. La nuit était là. Le garçon regarda le ciel. La lune, ronde et belle, l'observait comme jamais. Il se demanda si parmi les étoiles scintillantes, sa famille était là. Si le nombre d'astres avaient changer depuis qu'elle avait rendue son dernier souffle dans un silence affligeant; imperceptible parmi les flammes. Est-ce que ces parents se transformeraient en anges ? Est-ce qu'ils veilleraient sur lui ? Ou est-ce qu'ils n'étaient plus rien ? Plus que poussière, matière inutile, sans vie, sans conscience, sans être vraiment quelque chose. C'était affreux. Il avait peur de cet inconnu. Peur de ce que c'était la mort. Peur de ce qui était arrivé aux Canterburry. C'était cette peur qui le rongeait de plus en plus. Une question venait s'imposer dans son esprit. Comment l'incendie s'était propagé ? Comment tous l'avait quitté ? Ce doux et cruel euphémisme arracha des larmes au garçon. Epuisé, il abandonna. Son corps lâcha, sa force le quitta, il sombra dans un cauchemar sans fin...

    June se réveilla dans un lit. L'église. Il reconnaissait bien ce plafond orné de cercles, ses prières sur les murs, ce livre sur la table de chevet ; il identifia sans mal ses yeux bleus azur, ses cheveux blanc de neige, son air noble et distingué, sa main caressant la sienne.

    - Sœur Diane...

    Il la connaissait bien. Chaque fois qu'il venait à l'Eglise prier, elle était là, même sans accord pour venir parler avec June et Kamille, échanger de longs dialogues philosophiques avec Kirsten et Ephyre. Parfois, les deux gamins jouaient dans la cour, autour de la fontaine crachotant de l'eau sous le regard aveugle mais toutefois bienfaiteur de leur tante, comme ils l'appelait. Le garçon vit ses yeux remplis de larmes, se déversant sur ses joues vieillies par le temps et par les accablements de la vie. Elle porta sa main sur le visage du désormais orphelin et lui retira les gouttes qui dévalaient tout son corps aussi bien que son coeur. Sous l'émotion, il se jeta dans les bras de sa bienfaitrice. Tout d'abord étonnée, elle serra son étreinte sur lui. Tous deux pleurèrent en silence les défunts. Amis ou famille, ils partageaient la même peine, la même douleur, le même déchirement. Les mêmes larmes coulaient de leurs yeux. Leur cœur dépecé battait au même rythme. Ils se plongèrent dans cette tristesse en silence. Aucune n'aurait pu décrire leur chagrin. Dans sa tête, Sœur Diane appelait Dieu, de toute sa force, de toute sa foi. Elle ne conjurait pas le Tout Puissant de faire revenir ceux qu'elle aimait car elle savait cela impossible. Non, la seule chose qu'elle quémandait était le bonheur de cet enfant.Faites qu'il soit heureux. Faites qu'il ne porte pas ce deuil toute sa vie. Faites non pas qu'il oublie mais que sa peine devienne dérisoire. Faites qu'un jour il trouve quelqu'un avec qui partager ce fardeau. Ses idées se bousculaient, tout en elle se perdait. C'était la première fois qu'elle avait l'impression de perdre la foi, de réellement la perdre. Comment Dieu pouvait tuer des gens aussi bons, aussi purs, aussi merveilleux ? Personne n'était parfait, mais les Canterburry était plein de prodigalité. Elle connaissait ces gens, elle savait qu'ils auraient tout sacrifier pour le bonheur de leur fils. Diane se dit que peut-être, voyant les flammes avaler la maison, peut-être avaient-ils supplier cet Ange Suprême de sauvegarder leur fils et de prendre leur vie. Elle resserra davantage son étreinte, laissant ses sanglots s'échouer sur le dos nu de June, comme la mer s'échouait sur le sable. Dans sa tête, l'orphelin insultait ce foutu Dieu. La haine envahissait son corps, le détruisait lentement pour n'en faire que lambeaux. Il le détestait, le répugnait. Comment avait-il pu lui prendre ce qui lui était le plus cher au monde ? Etait-ce car il avait commis ce péché avec son frère ? Etait-ce parce qu'il avait couché avec lui ? Etait-ce parce qu'il l'avait aimer à en perdre la raison ? L'amour n'était-il pas le plus beau sentiment qu'il soit ? Le monde mentait. Chaque personne mentait. L'expression "ce sont les meilleurs qui partent en premier" était tellement vraie qu'elle l'acheva. Il invoquait Lucifer. Qu'il le tue. Qu'il rejoigne les siens. Il n'avait plus de raison de vivre désormais. Plus de frère. Plus de père. Plus de mère. Plus d'amant. Plus de maison. Plus rien. On lui avait tout spolier, avec démesure. Qu'avait-il fait pour qu'il reste, lui, pauvre adolescent de douze ans, amoureux éperdu de son frère aîné, crime inacceptable, drogué d'un bonheur sans fin ? Et que devait-il faire ? Qu'allait-il devenir ? Peut-être Sœur Diane allait-elle le recueillir. Il ne voulait pas de sa pitié. Car ce n'était que ça. Il lui faisait pitié. Et cela, cette idée, le terrassait encore plus. Comment allait-il faire ? Il ne pensait même pas réussir à survivre sans eux. Certes, des disputes avaient parfois éclatées, des claques avaient volées, des pleurs avaient envahi la maison, leur coeur s'était serré. Dire qu'il n'avait pas été malheureux une fois dans sa vie aurait été factice. Il prenait toutefois conscience que derrière lui s'évanouissaient les souvenirs de son enfance. Plus jamais il ne sentirait le parfum de sa mère, plus jamais il ne ressentirait ses bras le serrer contre elle, plus jamais il n'endenterait son rire cristallin. Plus jamais il ne reverrait la silhouette élancée de son père, plus jamais il ne se ferait ébouriffer les cheveux par lui, plus jamais il ne ferait de longs débats passionnés au coin du feu avec lui. Plus jamais il n'observait son frère en coin, plus jamais il ne dormirait contre lui, plus jamais il ne poserait ses lèvres contre les siennes. Et cette dernière affirmation brisa son coeur encore et encore. L'organe ne devenait plus que miettes sans importance, déchiré et cloué comme Jésus à sa croix. La douleur que le Christ avait enduré sur sa croix, il la comprenait. Lui-même était suspendu au crucifix, les bras étendus, portait pour unique vêtement un linge sur son entrejambe. Ce n'était pas Judas mais Dieu qui l'avait trahi, abandonné, livré à Lucifer, à Cerbère et à ses sinistres sbires. Il lâcha son amie et la regarda avec gentillesse. Elle ne voyait peut-être pas mais il savait qu'elle comprenait. Diane était aveugle de naissance. Elle n'avait jamais vu le ciel bleu, l'herbe verte, les nuages blancs. Elle n'avait toujours qu'imaginer cet infini opalescent, senti ce gazon lui chatouiller la peau, imaginer ces cumulus sur lesquels elle rêvait de marcher. La Sœur avait développé un don; celui de comprendre le coeur de gens. Elle comprenait ce que ressentait June, elle entendait son esprit bouillonner au nom de la haine cruelle qui l'appelait. Ses yeux dénués de vue ne perdaient toutefois pas l'espoir qu'un jour il comprenait que cette répulsion le détruirait au même feu que le manoir. Il devait être trop jeune pour comprendre. Quand elle le regardait, la vieille femme se revoyait, courir dans les champs en tentant d'échapper à son père qui l'obligeait à travailler. Malgré l'urgence de la situation, elle riait parmi les tournesols, glissait parmi les plantes, se fiait au son et à l'appel du vent, puis se cachait dans les buissons en haletant. Elle l'imaginait, lui aussi dans un champ, à rire, à chanter sa joie. Peut-être, un jour, le ferait-il. Beaucoup de peut-être envahissait son esprit. Après tout, pouvait-on être sûr de quelque chose ? Pouvait-on assurer avec sérénité les choses ? Même elle, qui comprenait si bien les gens et les cernaient si aisément ne parvenaient pas à savoir comment évoluerait le garçon. Elle l'invita à s'habiller pour sortir dehors, sentir le zéphyr ébouriffer leurs cheveux. Il n'arriva pas à lui refuser ceci et ils se promenèrent tout deux, sans vraiment savoir où aller, sans vraiment savoir que faire. Comment trouver les mots convenables à cette situation ? Que pouvait-on dire, alors que l'on avait perdu des personnes chères ? Peut-être fallait-il ne rien dire. Cela remuait le couteau dans la plaie béante. On cherchait du réconfort même s'il on savait pertinemment que l'on ne l'aurait pas malgré les paroles, les gestes, les mots, les pleurs des autres. La mort pouvait faire partie du quotidien. Elle n'en était toutefois pas bénigne. Chaque jour, on posait des fleurs sur les tombes d'être aimés. Chaque jour, on pleurait sur quelqu'un. Chaque jour, on regardait un corps sans vie se faire enfouir dans la terre. Chaque jour, c'était le même anéantissement et la même peine qui envahissait des personnes différentes mais qui pleuraient ses mêmes larmes. Pourtant, on ne s'y habituait pas. A chaque fois, c'était les mêmes sanglots, les mêmes séquelles, le même réconfort inutile des gens, la même solitude. Tout était pareil. A chaque fois. Le réconfort n'était qu'éphémère puisque la peine ne devenait jamais dérisoire. Et quand elle le devenait, un autre drame revenait secouer notre coeur et notre tête. June n'arrivait pas à croire qu'un jour, le fait d'avoir tout perdu deviendrait insignifiant. Perdu. Même. Peine. Cœur. Ces mots revenaient inlassablement dans son esprit et ne cessait de le tirailler. Ils étaient telles des épées, plantées toujours plus nombreuses dans le coeur du garçon. Il ne pensait même pas à les enlever, à penser à autre chose car tout le ramenait à la triste réalité. La Sœur cherchait ses mots, même s'ils ne serviraient à rien, ce silence leur rappelait d'autant plus la mort d'être chers.

    - Je sais ce que tu pense, je comprends ce que tu ressens...

    - Vous ne savez pas... Avez-vous déjà perdu votre ... Votre famille ?

    Le garçon se retint une larme mais sa voix le trahissait. Elle était faible, sans vie. On sentait toute son émotion à travers quelques mots uniquement.

    - Non, seulement j'ai perdu des amis. Des frères. Des gens auxquels je tenais beaucoup. Et même si ce n'est pas comparable, cela fait tout de même mal

    - ... J'aimerais... Quand j'étais petit, je voulais être Dieu. Je voulais. Je voulais pouvoir aider ceux qui en avaient besoin. Je voulais pouvoir aimer ceux qui m'entourent. Je voulais pouvoir régner sur mon trône moi aussi. Je voulais, je voulais tant de choses. Pouvoir aimer la personne que j'aime sans me soucier des autres...

    La soeur sourit.

    - Kamille n'est-ce pas ?!

    June s'arrêta sur place. Il regarda fixement la soeur, béat. Allait-il être puni pour avoir aimer son frère ? Qui plus est un homme ? Elle s'approcha de lui et lui ébouriffa tendrement les cheveux, se baissant à sa hauteur. Il vit son sourire à la fois calme et malicieux.

    - C'est Kamille qui m'en a parlé. Quand tu étais à la maison ou que lui avait le droit de sortir, il venait souvent ici. On s'est mis à parler très souvent...

    - Sœur ! Ma Sœur !

    Diane se retourna et vit le garçon. Ses cheveux blonds volaient agréablement au vent, ses yeux pétillaient, son sourire était parfait. Il courait parmi les Sœurs pour finalement trouver son amie, sa confidente. Ce n'était pas la première fois qu'il venait ici. Elle rit en voyant le garçon faire un slalom entre les prêtes et les Sœurs et lui sauter dans les bras, le souffle erratique.

    -Allons allons Kam ! Ne cours donc pas comme ça, un jour tu va finir par trébucher et te faire mal.

    - Hé hé, c'est pas grave, vous me soignerez. Et ne dites pas non, sinon je ne viens plus vous voir !

    Elle ne pût s'empêcher de sourire. Le plus vieux des Canterburry avait 14 ans [Note de l'Auteur: soit quelques temps avant l'incendie]. Adolescent tumultueux et toutefois adorable, elle ne lui résistait rien. Comme ses parents, il avait cette joie de vivre qu'il promenait partout, sa gentillesse innée. Il avait hérité ses cheveux blonds comme les blés de sa mère ainsi que ses yeux aussi bleus qu'une rivière, aussi vifs qu'une cascade, aussi profonds que l'océan, aussi impénétrable que les tréfonds sous-marins. On y détectait une pointe de noir très présente dans ses prunelles scintillantes, ce qui vous envoûtait littéralement. Diane ne pouvait plus voir depuis quelques années mais il imaginait le garçon plus grand qu'elle ne l'avait connu il y a quelques temps. Comme d'habitude, elle lui prit gentiment la main et l'emmena vers la fontaine, au milieu de leur monastère. Ils s'assirent sur un banc de pierre. Kamille parlait, parlait. De Kirsten, sa mère, de ses notes merveilleuses au piano, de sa voix ensorcelante. D'Ephyre, son père, de ses tours de magie innocents, de son rire qui vous réchauffait le coeur en un instant. De June, son frère, son magnifique frère, sa passion pour l'écriture, son don pour celle-ci, sa voix étincelante, son visage adorable. A chaque fois, il en rougissait quand il en parlait, son coeur battait plus vite que la normale. Plusieurs fois, la Sœur avait hésité quant à lui demander s'ils entretenaient une relation.

    - Dis Kamille tu... Tu est amoureux en ce moment ?

    L'adolescent s'arrêta soudainement de parler justement de son amant et rougit. Devait-il le confier à Sœur Diane ? Il pensait qu'il serait puni s'il avouait que cela faisait désormais un petit moment qu'ils étaient ensemble. Gêné, ses pieds cognèrent le banc. Il n'en fallut pas plus à la vieille dame pour comprendre. Contrairement à d'autres les préjugés ne lui faisaient rien. Que ce soient deux frères ainsi que deux hommes pouvait être certes assez choquant. Mais elle s'y était habitué. Chaque fois qu'il évoquait son cadet, il le faisait avec envie, avec un sourire, en riant, faisant rosir ses joues, faisant battre son cœur. Ainsi était-ce. A partir de ce jour, il lui confia tout, sans secret. Il ne cachait plus son amour inébranlable pour son frère. Il ne mentait plus. Il se sentait libre et bien.


    Les larmes gagnèrent lentement les yeux du jeune survivant en entendant le récit de la Sœur. Elle était donc au courant. Au courant de tout. Elle avait toujours tout sût à propos de sa famille. Il la regarda, elle aussi à mi-chemin vers les larmes. Il se rendait compte qu'elle avait perdu plus que des amis dans cet incendie. C'était une seconde famille pour elle. Ses enfants en quelque sorte. Elle pleurait pour June et pour cette famille qu'elle n'oublierait pas. Elle serra le garçon dans ses bras, lâchant les barrières, sanglotant doucement.

    - Tu sais ce que Kamille préférait en toi ? C'était ton sourire. Il admirait cette joie de vivre que tu avais, cette habitude de te mordre la lèvre quand tu étais gêné, ces lèvres qu'il aimait embrasser encore, sa langue glisser contre la sienne. A chaque fois qu'il m'en parlait je le voyais si heureux que j'en étais moi-même enivré. C'est dur de perdre les gens que l'on aime, surtout la personne que l'on aime plus que tout au monde. C'est dur d'avoir le sourire dans ces moments-là. C'est dur de ne pas verser de larmes. C'est dur de se dire que l'on ne les reverra plus jamais. Pourtant, il faut sourire. Et toi, plus que quiconque tu le dois. Pour ton frère. Pour celui que tu aimais tant. Pour celui qui t'aimais... Plus que tout au monde.

    Leurs sanglots éclatèrent encore et encore dans le silence de la cour. La fontaine crachotait de l'eau, insouciante, attirant les oiseaux qui se réfugiaient sur la petite place. Elle lâchait des trombes d'eau encore et encore, accompagnant ainsi les gouttes qui tombaient elles aussi des yeux éreintés de deux jeunes gens, enlacés l'un à l'autre, dans leur chagrin.



Dernière édition par June R. Canterburry le Sam 29 Mai - 22:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: June, fiche deux | En cours de construction |   Dim 16 Mai - 5:55

    Chapter V: Quand les étoiles cessent de briller


    Oiseau perdu. La cage dorée s'était brisée dans un fracas dissonant, sur le sol, laissant le pauvre prisonnier s'échapper. A voir ainsi le jeune homme de treize ans, on aurait crut qu’il était plus âgé. Des cernes lui entourant les yeux, ses prunelles qui ne brillaient plus, ses gestes lents, ses habits qu’il semblait porter depuis des décennies. On aurait dit un homme vieilli, abattu par sa jeunesse heureuse qui se décomposait devant ses yeux fatigués de la vie. Son coeur n'était plus qu'un vaste trou béant, dénué d'émotions. Tout en lui se perdait. Il acheta un paquet de cigarettes et en alluma une. La pluie tombait lentement sur Londres. Les nuages couvraient le ciel et le soleil disparaissait, sans aucune trace, comme s'il n'avait tout simplement jamais exister. Les gouttes s'écrasaient lentement sur le trottoir, laissant une trace avant de se volatiliser. June leva les yeux au ciel, sentant ce temps qu'il idolâtrait tant. Cela faisait deux jours seulement. Deux jours qu'il se promenait dans la rue, à bout de forces. Deux jours qu'il n'avalait rien à part la fumée légère de sa cigarette. Deux jours qu'il n'était pas rentrer voir Sœur Diane à l'église, là où il habitait momentanément. L'eau glissa subrepticement sur ses joues, ses doigts, sa peau, ses vêtements. Il sentait le bienfait de cette simple intempérie. Il avait toujours adorer cette pluie. Il ne savait pas bien pourquoi, le beau temps ne lui faisait guère cet effet salvateur. Peu à peu, elle se fit plus drue. Les gens courraient avec leurs parapluies dans la rue, se cachant de ce mauvais temps. C'était l'incompréhension pour le garçon. Des larmes accompagnèrent la pluie. Il restait là, béat d'étonnement devant ce temps, les yeux toujours plus levés vers le ciel noir de cumulus. Il se demanda si sa famille jouait à cache-cache derrière les nuages, si elle l'observait, si désormais ils étaient devenus de vrais anges, avec des ailes... Shiroi Tsubasa. C'était du japonais. Le pays natal de sa mère. Elle lui avait appris avec toute sa grâce, toute sa gentillesse, toute sa bonté, tout son savoir. Ce pays qu'elle avait tant aimé, tant chéri et qu'elle avait quitté. J'ai toujours voulu voir le Japon; mais je suis sûr qu'il n'est pas à la hauteur de Maman. La pluie s'accentua encore. Sans vraiment le vouloir, il mit sa cigarette à la bouche et marcha sous le déluge soudain. Les rues étaient vides, tout était dépeuplé. C'était d'un calme apaisant mais tout aussi affligeant. Pas de parapluie multi-colore. Pas de gens pressés. Pas de soleil. Pas de vie. Ses pas résonnaient lentement, comme dans un vieux film en noir et blanc. Les marchands rangeaient cartes postales et sacs sortis pour les touristes. Personne ne faisait attention à lui et c'était tant mieux. Peu à peu la rue se vida. On ne sentait plus que l'odeur enivrante de la cigarette et celle de la rue mouillée. La solitude était encore plus prégnante. Il savait pourtant que quelque part on l'attendait, à l'église par exemple. Mais ce lieu ne faisait que lui rappeler les mots de Sœur Diane. Plus il y repensait, plus son coeur et sa tête se vidait. Jamais il n'avait autant versé de larmes que durant ses derniers jours. Ces derniers temps, ses seules occupations étaient de fumer, de pleurer et de jouer du piano. Il lisait et écrivait également beaucoup. De poèmes parlant d'amour déchu comme le sien. Son frère lui en aurait sûrement voulu d'avoir commencer la cigarette. Mais désormais il n'en avait cure, il aimait l'odeur qui s'infiltrait dans ses narines, il adorait regarder la fumée s'évaporer loin, monter jusqu'au ciel. Pleurer était récurrent, tous les soirs, en silence, ses larmes envahissaient les draps souillés du sang de son poignet. La lame glissait seule, recouverte par le flot de gouttes toujours plus nombreuses. Et jouer du piano. Entendre le son fin et mélodieux des touches sous ses doigts fluets. Quand il pianotait, il avait l'impression d'être ailleurs. Il n'était plus en ergastule, emprisonné à sa misérable condition, sans clef, sans sortie de secours. C'était une libération mentale et psychologique. La Sœur lui avait d'abord appris l'orgue de l'Eglise et avait finalement décidé de lui faire découvrir le piano. Quand il s'ennuyait, il ne faisait que cela. Il oubliait, le temps de quelques heures son état pathétiquement pathétique. Il jouait en espérant que son frère, sa mère et son père puissent entendre les notes. Il apprenait toujours plus, toujours mieux, s'endormant parfois sur le clavier sans s'en rendre compte. Là sous la pluie, June se remémorait le dernier morceau qu'il avait appris et qu'il adorait jouer sous les intempéries du temps. C'était doux et poignant à la fois. Revigorant et troublant. Horrible et magnifique. Rien n'aurait pût décrire cette mélodie qu'il pianotait encore et encore, comme hypnotisé par le simple fait de voir ses doigts frôler les touches blanches et noires, d'improviser un rythme caché au fin fond de son esprit tourmenté, d'exprimer à travers la musique le poids incommensurable de son coeur. L'heure tournait lentement, les aiguilles se mouvaient posément. Et pourtant, le temps lui échappait. Sa vie lui filait entre les doigts, il n'arrivait pas à l'arrêter ne serait-ce que quelques secondes. Son enfance avait défilée, implacable et cruelle. Il scrutait ses souvenirs chaque jour, cherchant à tout prix à ne pas oublier qui il était. Chaque jour, il repensait à une période précise. Sa chronologie était certes totalement chamboulée mais au moins il se souviendrait. Ce n'était parfois que quelques réminiscences, mais c'était déjà cela. Parfois il demandait à Sœur Diane de combler les vides de son existence. Il n'était pas tout à fait sûr qu'elle dirait la vérité, mais quel intérêt aurait-elle eu à mentir ? Du coup, il s'accrochait faiblement à ses paroles, croyant le moindre de ses mots. C'était ça. Il était faible et lâche. Il n'avait plus le courage de vivre tout simplement parce que sa couardise était sans bornes. Il se tailladait les veines par lâcheté. Il n'arrivait pas à se suicider car il avait peur. C'était tout. Il n'y avait aucune remède, aucune solution à sa pathétique situation. Sa vie d'avant, jamais il ne la retrouverait et cela, c'était certain. Car jamais les gens qu'il avait aimé et perdu ne reviendraient. Jamais. Même s'il ne fallait pas dire ce mot, on ne pouvait pas l'éviter. Et puis, il ne servait à rien de se voiler la face. Les morts ne revenaient pas à la vie. La pluie suintait de ses cheveux noirs corbeau, elle se glissait subrepticement sur sa peau et arrivait même à atteindre son être. Bientôt, sa cigarette s'éteignit. Il vit la flamme s'éteindre puis le bout fumer. Là, au milieu de la place, trempé, on l'apercevait dans toute sa solitude, toute sa peine. Il ne pensait plus à rien. Son esprit était totalement vide, ses réflexions dénuées de sens. Il n'était qu'une vulgaire loque, sans foi ni loi à marcher toute la journée, à respirer l'air profané de sa cigarette, à remettre vainement ses pensées en place. Il décidait de continuer à marcher. Ses pas reprirent sur le chemin dallé. Sans but. Quand les rayons du soleil commencèrent à décliner, il entreprit le chemin inverse pour rentrer à l'Eglise. Il arriva et de suite on le pressa de question. Comme d'habitude. On l'essuya avec une serviette pour tenter de le sécher en disant qu'on s'était inquiété. Il parla quelques minutes avec Diane, sans pour autant éclaircir ses sorties quotidiennes. Elle lui jeta un regard inquiet avant qu'il ne disparaisse dans sa chambre. Elle était assez grande, sobre. Le garçon s'allongea sur son lit en prenant un livre. Il regarda quelques instants le plafond sombre de bois, la seule lumière venant de la lucarne entrouverte, de l'autre côté de la pièce. Il se prostra sous sa couette et entreprit sa lecture. Comme d'habitude. Durant quelques heures, il resta absorbé dans Les Paradis Artificiels de Baudelaire. Il ne cessait de relire une page en particulier qu'il appréciait. "Chacun sa chimère". Le jeune homme jeta un regard à la fenêtre puis retourna à sa page. Il n'attendait qu'une chose; la nuit. Cette nuit sombre et glaciale où l'on croyait tout espoir perdu, où plus rien n'avait d'importance. Quand la lune étincelante et ronde atteindrait son paroxysme, quand les étoiles brilleraient de mille feux, quand où tout serait noir, quand toute âme qui vive serait chez elle. C'était cela qu'il attendait. Puis quand ce moment arriva, il referma le livre avec un soupir, un étrange sourire aux lèvres et ouvrit la fenêtre. Habilement, il s'accrocha au haut de l'ouverture pour attraper les pierres qui formaient le mur. Cet exercice, il l'avait répété un nombre incalculable de fois. Après, il s'appuyait sur la croix en bois, qui protégeait l'entrée, blasphème sans nom. Il appuyait sur ses jambes et atteignait une seconde fenêtre sur laquelle il se reposait quelques instants puis agrippait le morceau de toit pour y monter complètement. Ensuite, il contournait la cheminée, trouvait la brique décalée, prenait son équilibre et montait. Comme d'habitude. Il s'asseya. Il prit son carnet de dessin, ses crayons, son carnet d'écrits, tout cela bien caché sur le toit, pour que personne ne les découvrent. Les croquis étaient divers; le ciel, la nuit, l'église, Kamille, son père, sa mère, des paysages. Tout ce qui lui permettait de se libérer. Il se révélait plutôt doué bien qu'il ne l'était pas autant que son amant qui avait un don... Inégalable. En cette nuit noire et glaciale, il eut l'envie de croquer des montagnes. Désir indescriptible. Il se cala confortablement et pendant des heures, la mine frotta le papier. Lentement, les collines se firent imposantes, les fleuves s'étirèrent, la neige toucha les monts, les fleurs poussèrent, les quelques habitations prirent forme. Sans un bruit, il gribouillait dans les ténèbres envoûtants et pénétrants. Il n'attachait plus d'importance à ses cicatrices, à ses cheveux qui tombait sur son front, à la mort de sa famille, à sa situation précaire, à sa vie. Il en oubliait tout. Dans un coin de sa tête, il savait que cela ne durerait pas. Que dans peu de temps tout reprendrait. Les questions, mes mutilations, le mal incessant, la dépression, la souffrance, la tristesse. Mais non, il rejetait tout cela. Dans sa tête ce n'était plus qu'un vide sans nom. Les heures passaient, sans un bruit. Doucement, les ombres de la nuit se firent moins menaçantes. Au moment où ses yeux commencèrent à lui picoter, effet indésirable dû aux longues soirées passées sur le toit, il se décida à descendre. Il jeta un dernier coup d'œil au paysage étoilé qui déclinait. Il reprit le même chemin qu'à l'allée et s'endormit aussitôt. Il fit un rêve, un long rêve dont il n'eût aucun souvenir au matin. C'était tant mieux. Les rêves étaient stupides. Ils nous plongeaient dans le bonheur, ils nous mentaient car à ce moment nous espérions. Et l'espoir était la pire chose qui soit. L'espoir c'était croire en des choses factices, en des choses qui ne se produiraient jamais, en l'irréel. C'était un rêve. Quand il se réveilla il alla déjeuner. Tout simplement. Sœur Diane arriva avec deux hommes dont le jeune homme ne connaissait nullement l'existence. L'un était trapu, des cheveux marrons banals, des yeux noisettes, l'air aimable mais, à ce moment, renfermé. L'autre était une femme, semblait-il plus vieille, de corpulence moyenne quoique ayant d'agréables formes; des cheveux blonds coincés dans un chignon sévère, le regard perçant noir. Les deux le dévisagèrent lui, pauvre garçon aux cheveux noirs de jais, aux yeux lapis-lazuli, complètement perdu et l'air fatigué, maigre et cherchant à comprendre. Ils l'incitèrent à les suivre. June plongea son regard dans celui de la Soeur qui lui fit un signe positif. Malgré qu'il ne fût pas rassuré, il se résigna à croire en la seule personne en qui il avait réellement confiance. Ils se cloîtrèrent dans une pièce vide, avec seulement une table et trois chaises. Le garçon se retrouvait seul. La jeune femme prit des documents et soupira.

    - Vous êtes bien June Rose Canterburry ?

    Comment connaissait-elle son identité ? Il ne répondit pas tout de suite car des questions, de nouvelles questions l'assaillaient. Semblant plutôt impatiente, elle commença à se ronger les ongles sans baisser son regard sur lui. Elle le foudroyait comme si ce qu'il faisait était le plus impensable des blasphèmes que l'on eût fait dans ce monde.

    - Etes-vous June Canterburry ?

    Agacée, elle réitéra sa question sans grand succès. L'orphelin n'était pas du genre à se faire impressionner par un stupide haussement de voix. Il fronça simplement les sourcils en les regardant nouveau. Que savaient-ils de lui ? Quels renseignements détenaient-ils sur sa famille ? Et il savait, que pour avoir les réponses à ses questions, il devait tout d'abord coopérer et répondre aux leurs. Cela l'agaçait. S'ils voulaient jouer, il allait jouer, il était plus fort qu'eux à ce jeu, du moins il espérait. Après tout la vie n'était basée que sur cela. Nous n'étions que de vulgaires pions dont on se jouaient sans s'en soucier. Il allait apprendre à ne plus être le pion. Il ne serait plus le fou mais le roi. Il tuerait n'importe qui sur son chemin pour faire Echec et mat. La seule règle, c'était qu'il n'y en avait aucune. Il fit un rictus.

    - Avez-vous des renseignements sur ma famille ?

    - Pour vous dire quoi que ce soit, nous devons êtres sûrs de votre identité. Répondez

    - Vous êtes drôle. Sachant que je dis "ma famille", vous devriez en conclure que je suis effectivement un Canterburry. De plus si vous êtes venus ici, ce n'est pas par hasard. Je vois mal des inspecteurs atterrir dans un lieu saint par instinct.

    Elle toisa l'adolescent d'un regard mauvais. Qui était-il pour lui parler ainsi ? Certes sa famille était issue de haut rang et l'affaire de l'incendie s'était propagée rapidement mais de là à ce que ce... Ce gosse ose lui répondre ainsi. Elle contint difficilement sa colère. Elle savait qu'il avait raison dans ses propos et cela l'énervait encore davantage. Toutefois, elle pensa à sa situation. Le fait d'avoir perdu toute sa famille devait être difficile. Elle, elle n'avait pas connu ça puisque son père avait tué sa mère car elle l'avait trompé. Trimballée de famille d'accueil en pension, elle n'avait jamais eu le véritable sens de la famille. Ce n'était qu'un mot qui représentaient les gens ayant un lien de parenté. Juliet, car c'était son nom, se radoucit donc, en pensant que sa réaction difficile était normale. Et puis, au vu des informations qu'elle possédait, elle préférait ne pas l'accabler davantage. Leurs yeux se croisèrent, comme dans un défi mais elle les baissa, voulant ainsi lui faire croire qu'il avait gagné. Les jeunes aimaient les jeux, mais si elle déclarait forfait, il se croirait vainqueur et accepterait tout d'elle. Elle me prend un imbécile cette fille ou quoi ? Je ne la laisserais pas gagner aussi facilement ... Qu'importe ce qu'elle me veux

    - Bien, tu es donc le fameux June. Nous avons plusieurs informations dont nous devons te faire part.

    Tiens tiens, aussi douce qu'un agneau. Je ferais mieux de me méfier du loup déguisé qui attend sagement que ses proies ne viennent à lui pour mieux les dévorer. Parle donc loup, je ne m'approcherais pas tout de suite mais dès que tu aura le dos tourné, c'est moi qui vais t'engloutir. Juliet ne releva son absence de réponses et continua.

    - La première est hum comment dire. Ce sont des nouvelles de l'incendie.

    Il sursauta. Son corps l'avait eu sur son esprit et l'avait trahi. Désormais, il était toute ouïe. Et cela, il le savait, elle l'avait intentionnellement, en dépit de son hésitation.

    - Il se trouve que l'on a retrouvé des traces de pas dans l'allée, bien qu'elles ne soient pas précises, on a déterminer qu'elle n'appartenaient à personnes de la famille mais à une personne extérieure. De plus, et bien... On a révélé des empreintes et nous pensons que l'incendie est... criminel. Quelqu'un aurait mis le feu au manoir pour une raison encore inconnue

    L'anglais leva les yeux vers elle pour s'assurer de ce qu'il entendait. Il tenta de garder l'air digne mais déjà son corps tremblait. Il ferma les yeux quelques instants en tentant de mettre de l'ordre dans ses pensées. C'était une blague. C'était impossible autrement. Qui aurait pût faire une telle chose ? C'était invraisemblable. C'était faux tout simplement, voilà ce que c'était. Cette femme devait s'être trompée de dossier avec une autre personne. Ou peut-être que l'un de ses hommes, aussi incompétents qu'elle. C... C'était ça. Bien sûr. Pourquoi avait-il mal ? Ha ha, c'était stupide. Il ne fallait pas qu'il pleure non plus. Pas pour ça. Il avait endurer pire. La souffrance du corps ne devait jamais être plus forte que celle de l'esprit. Il serra davantage ses bras contre son frêle corps, serrant les dents. Respirer lentement, surtout. Incendie. Criminel. Feu. Manoir. Tous ses mots. Mis bout à bout, ils formaient une phrase indescriptible. Incompréhensible.

    - Qui ?

    Ce fût le seul mot qu'il prononça. Comme s'il ne devait parmi tant d'autres choisir que celui-ci. C'était la seule question qui avait de l'importance à ce moment. La seule réponse qui valait la peine d'être entendue. Juliet se crispa et ses yeux se baissèrent. C'est à ce moment qu'il compris que la réponse restait un mystère. D'énervement, il tapa violemment contre la table de bois qui vacilla avant de se lever, pour faire face au mur. L'homme resté jusque là muet s'approcha de lui et lui tapota gentiment l'épaule. June n'eût même pas le courage de le repousser.

    - Tu va déménager. C'est ça la deuxième nouvelle. Tes parents ont eu le temps d'écrire un testament ainsi qu'une lettre qui t'est adressée. Ils l'ont caché dans un coffret résistant au feu, c'est d'ailleurs l'un des seuls objets qui a résisté aux flammes. Les deux sont là. La lettre n'a pas été ouverte.

    Il les entendit partir en fermant la porte derrière lui. Dans le silence omniprésent, il laissa les larmes couler lentement. Il se dirigea lentement vers la lettre encore dans l'enveloppe qu'il décacheta en sentant son coeur se briser. Il avait entre les mains les derniers mots de sa famille...

    Cher June,
    Je t'écris ces derniers mots en espérant qu'ils parviendront à toi. Je sais que cela peut paraître stupide d'écrire alors que le feu dévore déjà les meubles autour de moi. Cependant, j'ai ta mère avec moi. Et puis Kamille, si sensible à la chaleur, survivra sûrement. Pour nous deux, il est temps de nous retirer de ce spectacle. Nous avons jouer nos rôles, le maquillage et les costumes se retrouveront aux loges. Nous quittons cette grande scène qu'est la vie. Ne nous en veut pas. Je sais que ça sera dur pour toi mais n'oublie jamais cette passion que tu a de vivre. N'oublie jamais que la flamme de la vie vacille certes mais qu'elle ne s'éteindra qu'une fois que le rideau sera tombé. Joue sur la scène, de tout coeur, et si parfois le public s'esclaffe ou si les méandres s'abattent sur toi tandis que tu quitte les planches pour le prochain acte, redresse-toi. Sois fier de ce que tu est. Tu est fort. Reprends ton masque et ton costume. Remonte. Ne descends que dans de longues années. Lorsque tu sera vieux et fatigué, que les années se liront sur les cernes de ton front, que le dernier acte et la dernière seront jouées. Alors, à ce moment, tu pourras quitter la scène, tu pourras enlever ton masque, ton maquillage, ton costume, tu pourras te regarder dans la glace et dire que c'était la dernière fois. Rejoins-nous dans longtemps. Fais nous cette faveur mon ange. Je ne sais pas ce qui nous attend là-haut. Mais je n'ai pas peur, ce n'est pas cela que je ressens. Je ne sais pas trop ce qui m'arrive mais ce n'est pas de l'appréhension, ni du stress, ni de la terreur. C'est un sentiment étrange comme entre deux eaux. Je sens que je n'éprouve pas de frayeur car c'est le destin. Cela devait arriver et cela arrivera. Il ne sert plus à rien de se battre quand le public a quitter la salle. N'oublie jamais qui tu est et d'où tu viens. Mène une vie que tu ne regretteras pas. Amuse-toi et dévore cette vie comme les flammes ont dévorées notre manoir. Aussi vite et aussi goulûment. N'abandonne pas. N'abandonne jamais. Accorde-nous cette dernière faveur, à nous, qui avons définitivement retrouvé le paradis.
    Nous t'aimons. De tout notre cœur, même s'il ne bat plus.
    Tes parents, Kirsten et Ephyre.


    Les larmes dévalaient maintenant rapidement son visage. Il tomba à genoux sur le sol, sans se rendre compte de la douleur corporelle. La lettre était à terre. Malgré ses yeux troublés, il voyait l'écriture gracieuse et fine de son père au début de la lettre; alternée ensuite par celle de sa mère, délicate et somptueuse. Derrière, le dessin de Kamille fait il y avait quelques mois, de leur famille au grand complet. Il était sûr désormais que tous deux avaient péris. Kam avait-il survécu ? Non. Sûrement pas. Sinon il serait venu voir à l'Eglise. Lui aussi était mort. Il porta ses mains à ses yeux. Pendant plus d'une heure, il resta seul, avec la lettre et le testament qu'il survola juste pour voir qu'il irait chez sa tante, au Japon. Et cela, à cette nouvelle, lui avait irrémédiablement fendu le coeur. Quitter l'Angleterre. Son pays, sa nation, tout ce qu'il aimait. La langue, les gens, la culture, la pluie incessante. Oui il adorait le Japon mais il savait que cela ne serait en rien comparable à ce pays. Déjà, il regarda par la fenêtre. Il entrevit les voitures qui défilaient sur la route, les gens avec leurs chapeaux, les boutiques, le ciel grisâtre. Bientôt, tout cela ne serait plus qu'effacé. Tel un automate, il sortir, lettre à la main, la serrant comme étant la chose la plus importante au monde. Il croisa le regard embué de larmes de Diane et il en déduis qu'elle savait tout. Malgré sa tristesse, le garçon lui adressa un sourire vrai, pour une des premières fois. Il alla à sa chambre et rangea ses vêtements ainsi que ses affaires dans une valise. Avec le testament, les deux personnes lui avaient laissé un mot comme quoi il irait à l'aéroport auquel sa tante l'attendrait. Il reprit tout, vêtements, livres, photos. Il monta sur le toit récupérer son carnet de dessins et d'écrits. Il regarda une dernière fois le paysage si familier et pourtant unique. Il ferma ensuite les yeux afin de se le graver en tête. Il s'imprimait la caresse du vent, la beauté des lieux, la hauteur du toit, les arbres, la cheminée ayant caché ses carnets, ses tuiles sur lesquelles il était monté tant de fois en tête. Sa gorge se serra. Il rouvrit les yeux et dit Adieu à ce monde auquel il s'était tant habitué. Le temps avait défilé, sans lui demander son avis. Et il lui échappait. Et puis les adieux à Soeur Diane dans les larmes, son corps contre le sien, ses cheveux qui lui chatouillèrent les narines. A nouveau il sourit, les larmes aux yeux. Il perdait une amie précieuse. Elle lui promis de lui écrire dès qu'elle aurait son adresse. Il monta en voiture, regardant les paysages pour la dernière fois. Arrivée à l'aéroport. Tout allait si vite. Trop vite même. Tout cela était infernal. Il ne voulait pas quitter l'Angleterre. Il resta seul dans le hall en guettant du coin de l'œil le panneau des arrivées. Une femme plus jeune que sa mère arriva. Les cheveux noirs, les yeux perçants en forme d'amande, l'air à la fois inquiet et heureux, elle cherchait son neveu des yeux. Cela faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus. Son regard croisa celui du garçon. Elle en lâcha son sac et courra vers l'adolescent. Avant qu'il n'eût dit quoi que ce soit, elle le serra dans ses bras. Mélisande lui caressait les cheveux comme avec un enfant, pour le calmer et June ne pût s'empêcher de l'entourer également de ses bras. De son anglais peu sûr et de sa voix mélodieuse et triste, elle chuchota:

    - Mon ange, mon petit ange. Tu m'as manqué. Mon Dieu, qu'est-ce que la vie a fait de toi ? Pardonne-moi de ne pas avoir été là avant. Juny, mon Juny, pardonne-moi... Tu leur ressemble tellement. Tu es si beau...

    Le temps nous emportait déjà, infatigable et déjà cette scène se terminait. C'était la première fois que je pleurais autant. La voix apaisante de ma tante guérissait mon corps et ma tête. Ses mains douces me procuraient l'impression de n'être qu'un pauvre enfant abandonné à son triste sort mais cela avait au moins le mérite de me réconforter. Et puis, elle pris ma main dans la sienne. Dans l'avion, elle s'endormit, exténué. Elle était belle. Mais la vie semblait l'avoir déjà faner. Et pourtant, pourtant elle souriait. Ses doigts s'enroulaient avec toujours plus d'amour dans les miens. A travers le hublot, je remarquais le ciel. J'y étais, enfin, je volais. J'étais parmi les nuages, dans ce ciel que j'idolâtrais et dans lequel chaque nuit j'imaginais ceux que j'avais perdus.
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MessageSujet: Re: June, fiche deux | En cours de construction |   Jeu 10 Juin - 0:26

    Chapter VI: Le Soleil, le Chien errant et la Lune


    Un cri. Encore un parmi tant d’autres dans les ruelles sombres. June s’y adaptait mal. Oh, les rues de Londres n’étaient sérieusement pas mieux famées, mais savoir que certains se faisaient agresser, tabasser dans les rues l’agaçait. Comment pouvait-on se prétendre être humain après tel supplice à faire endurer à quelconque personne qui soit ?! Il tapa dans un caillou qui se projeta un peu plus loin. Nouveau cri. Plus proche semblait-il. Mais ici, l’adolescent n’était plus sûr de rien. Il habitait dans cette foutue ville depuis seulement un an et pourtant, il avait l’impression de connaître toutes les rues et entendre pareils exhortations lui paraissait presque normal. C’était odieux, il le savait. Il aurais parfois aimé sauvé ces gens, mais se battre, il détestait ça. Donner de vulgaires coups, et devenir aussi bas que ses gens le répugnait. Il ne désirait pas se transformer en bête sanguinaire pour ces imbéciles. Ses poings ne devaient être faits que pour défendre autrui, jamais pour donner bataille gratuite. Mais dans ce cas, s’il allait dans cette rue et sauvait cette personne en frappant ceux qui l’avaient fait auparavant, était-ce vraiment frapper ? N'était-ce pas plutôt aider quelqu'un dans une situation embarrassante ? Il alluma sa cigarette journalière et laissa divaguer ses pensées telle la fumée légère. Cette question le taraudait désagréablement. Une voix familière se fit soudain entendre; le garçon sembla reconnaître celle d’une brute épaisse nommée Harry ou quelque chose dans ce genre. Un nom pathétique pour un garçon du même acabit voire moins que cela. Il l’avait souvent remis en place avec des remarques acerbes quand il osait lui adresser la parole. Et comme la plupart des personnes utilisant leurs poings, il ne comprenait jamais trop bien ce que notre ami disait. Il prenait son air imbécile, regardait ses amis et puis finalement partait en disant qu'il reviendrait. Jamais l'anglais ne l'avait pris au sérieux. Cela l’amusait de voir pareil idiot. Heureusement, il n’était pas dans ces fréquentations. Il retira la cigarette de sa bouche pour laisser s'échapper l'épaisse fumée grisâtre qui se confondait lentement avec le ciel terni. En fait, peu pouvaient se vanter d’être amis de June. Voire personne. Oh, d’accord, un ou deux camarades de classe avec qui il rigolait de temps en temps, mais c’était là tout. Personne ne connaissais véritablement le garçon. Tout ce qu’on savait c’est qu’il était anglais, qu’il vivait chez sa tante et qu’il écrivait. Le fait qu’il était anglais avait très vite été sût de par son excellent anglais et de son patronyme tout entier, peu occidental. Qu’il vivait chez sa tante, c’était son imbécile professeur de mathématiques, avec son idée stupide de faire une rencontre parents-élèves. Du coup, il avait crié dans la classe qu’il n’avait pas le même nom de famille que sa tutrice légale, Mélisande. Voilà pourquoi il avait tenté d’expliquer calmement que c’était sa tante. Bien entendu, l’enseignant ne l’avait nullement cru. Cependant, personne n'était au courant de l'histoire du garçon et encore heureux. Il aurait préféré mourir que de parler de sa vie d'avant, de ses parents mais surtout de Kamille, car même si la blessure était fermée, elle ne cessait de s'ouvrir parfois pour laisser le sang couler lentement. Concernant l’écriture, étant donné qu’il passait nombre de ses récréations avec son professeur de français et que ce dernier ne pouvait parfois s’empêcher de lui glisser des compliments en cours et de faire lire ses expressions écrites , la nouvelle avait vite fait le tour du collège. Il l'aimait beaucoup, ce professeur, il était toujours gentil avec lui et ne le questionnait jamais contrairement à ces cons qui ne parlaient encore et toujours que de l'Angleterre, son pays chéri et aimé. Tous les jours, ils voulaient savoir comment cela se passait là-bas, ce qu'il avait vécu. Dans ces moments, il n'avait qu'une envie; leur dire d'aller voir ailleurs en moins poli. Ses pensées se reconnectèrent sur l’imbécile lourdaud et tourna en direction de sa voix nasillarde. Tsst. Rien qu’à l’entendre, il avait envie de l'empoigner, de le balancer contre le mur, de lui cracher des insultes à la gueule. Il se morigéna en pensant qu’il devait tout faire pour se contrôler. Il devait rester le petit garçon gentil et mignon que tout le monde croyait connaître. Il cachait si facilement son jeu que ce n'en était plus drôle. La rue sombre se dressa devant lui, il vit alors une scène qui resta à jamais gravée dans sa mémoire : un adolescent aux cheveux corbeau était étendu par terre, du sang recouvrait le sol, peu mais tout de même. June regarda ce garçon allongé au sol, l'air complètement abasourdi et perdu. Qu'avait-il fait pour s'attirer les foudres de cet imbécile ?Le souffle erratique,il ne bougeait pas ou à peine. Il le crût mort mais vît rapidement que ce n'était heureusement pas le cas. Une bande de quatre débiles le regardait avec un grand sourire placardé sur le visage. Leurs cheveux courts et colorés les rendaient absurdes, ils se donnaient un genre pour dire qu'ils n'étaient pas comme les autres; c'est sûr, ils étaient plus cons que la moyenne. L’un d’eux tenait un opinel. Tremblant, le garçon esquissa un geste qui fût vain. L'anglais se retint de sauter à la gorge d’Harry et décida de s’avancer calmement vers lui. Inspirer, puis expirer comme d'habitude, penser à un paysage calme tel les montagnes enneigées qu'il dessinait, seule chose qui l'empêchait de devenir fou. Et tout d’un coup, l’imbécile se rua sur le corps tremblant, arrachant quelque chose de sa poche. L’adolescent se prit à deux fois avant de voir l’appareil photo, semblait-il de haute qualité. Et puis, il ouvrit la bouche. Sa voix respirait la connerie. Tout son être n'était qu'un ramassis de stupidités. Rien qu’à le regarder, on devinait aisément que ce n’était qu’un gosse irascible qui croyait pouvoir faire quelque chose de sa vie, alors qu’en réalité il finirait dans la rue, certainement avec une des prostituées qu'il trouverait. Il croirait vivre heureux alors qu'il la sauterait et oublierait son malheur en jouissant comme un porc. Il volerait n'importe où, n'importe quoi et en rirait avec ses potes, gâcherait son peu d'argent dans le poker ou un truc tout aussi bête. Il passerait son temps à traîner, à boire, à fumer, à se droguer. Le genre de personnes qui m’énervent le plus. C’est ça que l’anglo-japonais se dit sur l’instant, c’était exactement ça. Il lui rappelait lui il y a un an, lorsque sa famille avait été décimée: tombé dans l’alcool, la drogue, les jeux amoureux, la cigarette et tout ce qui pouvais aller avec, il avait touché le fond, littéralement. Il se faisait pitié à lui-même. Il faisait son intéressant juste pour une chose, que les autres viennent l’aider, se rende compte de son malheur omniprésent. Mais ça, personne ne l’avait véritablement fait. Et c’était là justement le fait que de voir son ancien lui en face de ses yeux cobalt qui l’énervait à un point inimaginable. Une insulte fût tout à coup prononcée. Digne de ce nom. La colère atteignit visiblement le corps svelte et taché de sang qui était au pied du mur. Dans un cri, il se releva et frappa Harry. June fût étonné de cette riposte soudaine. S’il avait encore la force de frapper, il pourrait au moins avoir celle de se lever et de s’enfuir ! Mais quel imbécile ce mec. Il préfère rester là à se faire tabasser plutôt qu’à fuir. Dire que je me suis déplacé pour…Ca ! Oui, cela pouvait paraître impensable de la part du garçon, mais cette bataille débile et interminable l‘agaçait. Il aurait dût se barrer loin, se casser loin de cet abruti et de ses complices, au moins pour cette bataille perdue d'avance. Il s’apprêta à tourner les talons quand un bruit sourd et dissonant se fit entendre. Il se retourna. A nouveau, la créature à peine en vie gisait à terre. Ses yeux observèrent la scène l'espace de quelques secondes. Comme dans un film, le temps ralentit et dans sa tête, tout se vida. Les rires des sots autour de lui fit monter la colère. Il se dirigea vers le garçon en crachant une bouffée de fumée avant de la remettre dans sa bouche, pensant ainsi rendre la fureur moins grave. Lui tapant sur l’épaule pour l’appeler, il dit simplement avec un courroux contenu :

    - Hé toi !

    Dès qu’il se retourna, son bras se leva, se raidit, se plia et s'écrasa avec rage sur sa joue. On aurait crû que la tête du garçon allait s’envoler sous l’effet de la violence du coup. Le garçon près du mur leva les yeux vers la silhouette qui lui était floue. Lorsqu’Harry se releva, il reconnut immédiatement les cheveux noir de jais du garçon, son maquillage moins outrageux que dans le présent, sa svelte stature, ses yeux océan à l’habitude si calme et sereins semblait lancer des éclairs foudroyants. Tout son être respirait la colère. Même le gros sembla prendre peur car jamais il n'avait vu l'adolescent être aussi agressif. Il ne réfléchit pas (comme à l'accoutumée) et se jeta sur lui. La main fermée atteignit la joue du garçon, sans qu’il ne bougea. Il était tellement énervé, il répugnait tellement ce déchet vivant que même un coup porté par lui le dégoûtait. Comment osait-il le toucher ? Comment osait-il toucher ce pauvre garçon à terre ? Comment osait-il simplement être né ? Il attrapa sa main et le ficha à terre avec une violence que nul n’aurait soupçonné chez lui. Les autres garçons, se mirent tous contre lui. Il en balança un dans la poubelle en deux coups de pied. L'un de ceux qui restaient prit soudainement peur et s'enfuit; l'anglais décida de ne pas le poursuivre. Il laissa tomber un objet qui attisa sa curiosité. Le dernier des garçons lui mit un coup dans le ventre, l'empêchant de respirer. L'adolescent le projeta contre le mur avec les dernières forces qui lui restaient. June, intrigué, relâcha Harry pour aller chercher l’objet volé, semblait-il. Se penchant sur le sol, le garçon attrapa le dit objet dans sa main droite et l’observa. C’était un appareil photo, simple mais plutôt évolué, il avait quelques égratignures dû au choc, très certainement. Il y avait un petit morceau de papier où était inscrit « Pour Seth, je t’aime. Soleil ». C’était donc son nom, Seth ? Drôle de prénom pour un mec comme ça. Certainement pas un japonais de nature. Le prénom de cette fille était tout aussi étrange, voire davantage encore. Il jeta un coup d’œil au garçon avachi dans son coin. Il remarqua qu’il essayait de lui parler. Le vainqueur du combat inspecta rapidement ses blessures qui semblaient plutôt graves et fuma sa cigarette comme si de rien n'était avant dire placidement:

    - Je vais appeler une ambulance, désolé.
    - N…Atten…

    Avant que l’anglo-nippon n’ait pût entendre la suite de la phrase de Seth, Harry l’assomma avec une brique, pure vengeance pour le sang qui coulait de sa joue. Etourdi, il regarda le pauvre garçon affalé sur le sol, les yeux obstinément fermés. June prit son téléphone et appela l’ambulance tandis qu’il sombrait dans le noir le plus profond.

    Lumière atroce. Sa tête lui faisait horriblement mal. Tout son corps semblait fatigué, comme s’il avait couru durant une durée inimaginable. Le garçon se releva avec difficulté dans son lit. Son poignet était sauvegardé grâce à une attelle qui le serrait bien trop. Lentement, il s'étira tel un chat pour s'assurer que rien n'était bien grave. Sa jambe craqua et une légère douleur se fit sentir, certainement lorsqu'il avait envoyé l'un des imbéciles contre la poubelle. Il laissa ses yeux s'habituer à la lumière , à ce blanc bien trop présent à son goût, à cette odeur désagréable, à cette mort omniprésente, à ce lieu qu'il détestait tant. Ses souvenirs étaient légèrement floutés par la douleur et par le temps sûrement; il ne savait pas depuis combien de temps il était ici mais il estimait que cela faisait déjà trop longtemps. Quand la porte s’ouvrit, laissant place à une infirmière, il ne pût s’empêcher de demander des nouvelles du garçon. Une boule se forma en lui. Et s’il était mort ? Et s’il était arrivé trop tard ? Et si Harry l'avait blessé tant que ça ? Aurait-il des séquelles ?

    - Ne vous inquiétez pas, il va bien. Il est à dormir actuellement. Heureusement que vous avez eu le temps d’appeler l’ambulance avant de sombrer, il serait certainement mort sinon. Mais vous devriez faire attention, vous aussi vous êtes couvert de blessures, vous feriez mieux de vous reposer.

    L’adolescent poussa un soupir de soulagement. Il s’en serait énormément voulu s’il n’avait pas pût réussi à le sauver. Bien qu’il ne le connaissait pas, il avait vraiment eu peur pour lui. Il se renseigna sur le numéro de la chambre du garçon tout en promettant de n’y aller que quand il serait rétabli. Une fois l’infirmière parti, il se leva promptement. Bam. Il chuta sur le sol.

    - F**k !

    Ses jambes lui étaient vraiment douloureuses et il décida de rester quelques instants sur le sol glacial. Il fouilla son t-shirt mais ne trouva rien d'autre que des clefs, pas l'ombre d'une cigarette. Il remarqua son portable sur la table de chevet et glissa sur le sol pour l'attraper. Une vingtaine de messages non lus et au moins trois appels manqués. Il ne prit pas la peine d'ouvrir ou d'écouter et éteignit l'objet pour rester calme, sans que personne ne vienne lui parler; il prenait le luxe de ce silence et de cette paix. Il trouva le courage de se rhabiller et retira l'attelle à son poignet, qui lui faisait décidément trop mal. Il le tordit dans tous les sens en soupirant. J'espère que je pourrais écrire sinon je bute décidément ce foutu Harry. Il regarda quelques instants par la fenêtre, vue sur la circulation. C'en était pathétique. Des buildings, des magasins, des routes, des embouteillages. Tout ce qu'il n'aimait pas. Il aurait tant aimé un paysage tel que la mer, la montagne, la campagne, la nature, cette simple nature qui le rendait si bien. Le ciel était noir, noir de pollution. Il leva les bras au ciel avant de les craquer derrière son dos. Lentement, ses mouvement lui faisaient moins souffrir mais cela était trop lent à son goût. L'anglais avala le cachet prescris avec un verre d'eau et alla se mettre de l'eau sur le visage, histoire de bien se réveiller. Il aperçut son visage dans le miroir; ses cheveux noirs étaient complètement décoiffés, des cernes se dessinaient sous ses yeux fatigués, sa joue portait une cicatrice venant de l'autre imbécile, il se faisait pitié lui-même. Le pire n'était toutefois rien de tout cela. Le plus affreux était sa nuque; elle lui faisait vraiment mal en dépit de sa nonchalance. L'eau ne lui faisait rien et il n'avait rien à mettre dessus. Il se dit que cela finirait bien par passer un moment ou un autre et passa ses doigts sur son cou avant de le sentir craquer. La douleur corporelle n'était jamais que bénigne et supportable que celle psychologique. Etrangement, il se sentait plutôt bien, même plutôt fier d'avoir sauver ce garçon. Mais jamais il ne s'en serait vanté. Il savait qu'il aurait des problèmes à avoir jouer les héros mais au moins il n'embêterait plus lui là... C'était quoi son nom déjà ? Un truc bizarre genre égyptien. Ha Seth, voilà, c'était ça. Au moins si Harry voulait se venger, il le ferrait sur lui et non sur ce garçon, c'était au moins ça. Si jamais il tentait de le frapper à nouveau, il sévirait, point barre. Il se laisserait faire si c'était lui la victime, il s'en foutait. Finalement, il se décida à aller à la chambre du jeune homme. June traversa les couloirs en faisant gaffe à ne pas croiser l'infirmière qui lui avait ordonné de rester dans sa chambre. Il y arriva au bout de quelques minutes d'errance; l'orientation n'était franchement pas son fort car la chambre qu'il cherchait n'était qu'à quelques pas de sa chambre alors qu'il avait mis dix minutes. Il se sentait ridicule mais bon. Il respira un bon coup, avant de frapper deux coups sur la porte. Il lui sembla entendre un "Entrez" dit d'une voix féminine il se permit néanmoins d'entrer. La chambre était tout aussi laide que la sienne. Pourquoi avait-il voulu venir ? Lui qui répugnait tant ce genre de lieux, il aurait mieux fait de partir mais sa conscience lui avait souffler de rester voir ce garçon. Il aperçut la jeune fille qui lui avait demandé d'entrer. Il la salue avec un sourire. Ses cheveux étaient blonds, bouclés à l'anglaise, deux grands yeux vert émeraude, de l'amour plein les prunelles, un air d'ange, un sourire magnifique qui ferait fondre n'importe qui. Elle était vraiment très jolie. S'il n'était pas gay, il serait sûrement tombé amoureux d'elle à cette seconde. C'était sans doute la petite amie de Seth; elle avait les larmes aux yeux devant le corps inconscient du garçon. Le jeune homme regarda le compteur et vu que son coeur battait encore. Malgré ses cicatrices assez nombreuses et, semblait-il sérieuses, il vivait encore. Il s'en contentait. La fille le regardait toujours avec des yeux inquisiteurs mais il ne lui donna pas d'explications.

    - Qui es-tu ?

    Il sursauta en entendant la douce jeune fille prononcer ces quelques mots. Sa voix était calme, posée et aussi belle qu'elle. Il lui sourit gentiment. Il s'apprêtait à lui répondre quand l'infirmière entra dans la chambre. Il se cacha vainement.

    - Ha vous êtes là vous ? Je vous ai cherché partout dans l'hôpital ! Je vous avais pourtant dit de rester dans votre chambre jusqu'à ce que vous vous rétablissiez ! Vous n'en faites vraiment qu'à votre tête.

    - C'est bon, je suis pas au bord de l'agonie non plus, je peux marcher et je pourrais même fumer si je voulais mais vous me les avez retirer.

    - Ce n'est pas bien de fumer ! Vous allez vous ruiner la santé. Allez, rentrez donc à votre chambre, votre ami est encore dans un sale état, il ne se réveillera pas avant quelques heures sûrement.

    - ...C'est pas mon pote.

    Les deux femmes le regardèrent sans lui poser de questions et de toute façon, il n'y aurait pas répondu. Pour faire plaisir à la femme si obstiné, il accepta de faire quelques exercices, de s'étirer devant elle, de se faire prendra la température etc. L'autre jeune fille les regardaient en souriant. Dès que June tentait de se rebeller, il s'embrouillait avec l'infirmière. Jamais elle n'avait vu un garçon aussi buté, malgré qu'elle ne sache toujours pas qui il était. Elle savait que quelqu'un avait sauvé Seth de l'embrouille dans laquelle il avait été prise et qui c'en était tiré avec quelques blessures. Elle devint persuadé que c'était lui. Après une bonne demie-heure, l'infirmière les laissa tranquilles. Le garçon s'asseya, fatigué, sur la chaise à côté de l'inconnue qui continuait de sourire sans cesse. Puis, sans prévenir, elle se pencha vers lui, lui exprimant un profond respect dont il ne comprit pas tout de suite la cause.

    - C'est toi le garçon qui a sauvé Seth, non ? ...Merci

    - C'est normal, des gars l'ont agressé et j'étais là, c'est normal.

    - Seth se fait souvent taper mais c'est la première fois qu'on l'aide...

    - Les gens sont stupides, c'est la raison du plus fort qui l'emporte désormais. Ces imbéciles croient en ça et soumettent ceux qui n'ont pas le courage ou pas l'envie de se défendre.

    - Si je suis tes paroles, tu es un imbécile aussi puisque tu a tapé ces garçons

    Il la regarda avec étonnement mais se radoucit. Elle n'était vraiment pas comme les autres.

    - C'est vrai, je pourrais être comme ceux-là seulement, même si je ne tiens pas à me vanter, je pense que battre pour se battre est différent de se battre pour aider quelqu'un. Si je dois encore me battre, ce sera pour cette unique raison et pas parce que je n'aime pas cette personne ou parce que j'ai envie. Même si je suis quelqu'un d'impulsif, je réfléchis; combattre n'est bon que pour les bêtes. C'est le fait de réfléchir qui nous distinguent de ses bêtes.

    Ce fût soudain elle qui eut le regard chargé d'étonnement. Il ressemblait assez à Seth, pas de physique mais à sa façon d'être. Elle lui sourit à nouveau. Non seulement ce garçon avait sauvé son petit ami, mais en plus il semblait vraiment sympathique, pas le genre de garçons à se prendre la tête pour avoir sauver quelqu'un. Elle sentait qu'elle se liait déjà d'amitié pour lui.

    - Je m'appelle Soleil, enchantée.

    - Moi c'est June, enchanté aussi.

    Ils se sourirent à nouveau. Puis pendant des heures ils parlèrent, parlèrent, de tout de rien, comme s'ils se connaissaient depuis toujours, ils s'apprirent à s'apprécier. June en appris beaucoup sur Seth comme lui il était anglais, puis avait déménagé au Japon, étrange coïncidence. Soleil était sa petite amie, ça il l'avait deviné depuis longtemps. Il remarquait qu'elle avait toujours ce sourire inébranlable, comme si elle n'avait peur de rien, comme si elle était invincible et que rien ne lui ferait perdre ce magnifique sourire. A plusieurs reprises, il se demanda comment elle faisait pour être aussi heureuse mais il ne lui posa jamais réellement la question. Quand elle lui demanda de parler de lui, il eût d'abord peur, peur de parler l'Angleterre, peur de parler de sa mère, peur de parler de son père, peur de parler de Kamille, peur de parler de l'incendie, peur de parler des filles et des garçons qu'ils s'étaient tapés, peur de parler de la mutilation... Heureusement, elle ne le força pas puis étrangement, il parlait de quelques bouts de son ancienne vie, évoquant quelques personnes. Elle comprit que sa vie n'avait pas été facile. Ils avaient l'impression de se connaître depuis toujours, c'était étrange. Et puis, le miracle se produisit lentement.

    - Regarde, ses paupières semblent frémir. Il se réveille.
    - S-Seth ? Seth ! Tu vas bien ? Comment te sens-tu ?
    - Du calme, Soleil. Laisse-le s’éveiller.

    Le garçon ouvrit lentement les yeux devant ceux embués de Soleil et heureux de June. Il regardait tout autour de lui, regardant la chambre, exactement comme lui au réveil ce qui le fit sourire. Il tendit sa main droite puis sa main gauche alla examiner sa tête couverte de bandages. Il semblait plutôt intrigué de s'en être sorti. Il aurait quand même pût faire un sourire mais bon, étant donné qu'il venait de se réveiller, avec certainement mal un peu partout, le fait qu'il ne sourisse pas était plutôt compréhensible. En y réfléchissant, la douleur de l'anglais était toujours présente dans sa nuque bien qu'elle soit restée en éveil durant toute la longueur de sa conversation avec la jeune fille. Malgré les coups un peu partout sur son corps, il se sentait plutôt bien, hormis le fait qu'il avait sérieusement envie d'écrire, de dessiner ou encore de fumer. La voix rauque du garçon perça le silence dans lesquels les protagonistes s'étaient plongés.

    - Que m’est-il arrivé ?

    - T’inquiètes, c’est pas grave du tout. Ces brutes épaisses t’ont bien amochés, mais tu vas t’en sortir, avec seulement une petite cicatrice. Les médecins ont un peu forcés sur le bandage, comme d’hab…Quelle bande d'incompétents u_u !

    - Qui es-tu ?

    Il lui sourit gentiment.

    - June. Ton sauveur !

    Il entendit le rire étouffé de Soleil qui lui tapa amicalement l'épaule.

    - Arrête de te la péter Juny !

    - Je me la pète pas, c'est vrai... Et je t'en prie ne m'appelle pas comme ça !

    Seth le regarda comme un fou furieux qui venait de s'échapper de l'asile d'en face, sans se douter qu'ils deviendraient meilleurs amis. Dans cette chambre, ils ne savaient rien de ce qui les attendaient. Ils ne savaient pas que June deviendrait le meilleur ami des deux amoureux. Ils ne savaient pas qu'ensemble, ils franchiraient les obstacles, un à un. Ils ne savaient pas qu'ils seraient si heureux ensemble, que chacun goûterait à ce bonheur sucré, si agréable que l'on en oubliait tous ses soucis. Ils ne savaient pas non plus que le destin en aurait décidé autrement. Ils ne savaient pas que tout serait démoli. Que toutes les pièces du puzzle se verraient dispersés. Mais là, dans la chambre de Seth, ils ne savaient pas non et ils étaient heureux car ils avaient tous enfin une raison pour vivre. Et cela, c'était la seule chose qui leur importait.
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MessageSujet: Re: June, fiche deux | En cours de construction |   Jeu 10 Juin - 0:26

    Chapitre VIII : Zéphyr d’une nouvelle vie


    - Ne t’inquiète pas June, c’est une nouvelle vie qui commence maintenant pour toi !
    - Je ne veux pas y aller, à quoi ça sert ?
    - June écoute-moi, tu as d’excellents résultats et puis tu n’est jamais à la maison de toute façon. Et l’internat n’est pas si loin, tu pourras toujours nous rendre visite, tu sais enfin !

    L’adolescent écourta la conversation en montant l’escalier et en se dirigeant vers sa chambre. Il savait que ça arriverait un jour, mais il n’aurait jamais penser aussi vite. S’il avait sût, il n’aurait pas travailler durement. Après des années l’avoir élevé, Mélisande en avait-elle marre de lui ? Du fait qu’il n’était que très peu à la maison ? Peut-être qu’elle ne l’avait jamais aimé comme son fils. Il ne voulait pas aller à ce foutu Internat Kohime ou il ne savait plus quoi. D’abord, c’était un truc pour les bourges ! Certes, il avait fait partie intégrante de ce milieu quand il était plus jeune mais désormais, il s’était habitué à sa vie normale, sans luxe, sans folle partie de shopping et tout ce qui allait avec. Maintenant, il ne voulait plus de cette vie, il voulait la sienne, à lui. Aller en cours à pied et prendre le temps d’observer le ciel, d’écouter de la musique et de rassembler ses pensées. Rejoindre son groupe et parler de tout et de rien. Se rendre dans la salle de classe en traînant des pieds et en rigolant. Ecouter les professeurs déblatérer des propos inutiles tout en pensant à autre chose. Attendre le midi pour manger. Passer le reste de la journée à travailler. Puis rentrer chez soi avec les amis, déposer son sac et repartir traîner quelque part dans les rues. Manger avec sa famille pour ressortir par la suite et rentrer à une heure invraisemblable et, tout recommencer. La routine, quoi. June ne voulait pas laisser tout ça derrière lui, ses amis, son lycée, rester dehors la nuit. Il savait qu’il ne pourrait pas faire ça s’il allait là-bas. Et puis mince, Mélisande n’était pas sa mère, elle n’avait pas à lui dire quoi faire…Merde. Il s’était promis de ne jamais dire ça envers celle qui avait eût pitié de lui. Il n’avait pas le choix, il le savait. L’adolescent sortit donc sa valise et commença à la remplir d’habits sans les distinguer les uns des autres, dans une profonde nostalgie. Il prit son portable et envoya un message commun à ses amis, comme quoi il partait et qu’il espérait les revoir au plus vite. Il éteignit ensuite l’engin pour ne pas se faire harceler à tout va. Il s’allongea sur le lit et s’endormit sans même manger, les larmes aux yeux.

    6h00 du matin. Le réveil sonna. Machinalement, la main de l’anglo-nippon se tendit pour l’éteindre et il descendit ensuite pour prendre son petit-déjeuner. Mélisande était déjà levée, là, appuyée contre le plan de travail. June ressentit une profonde nostalgie quand il se dit que c’était la dernière fois qu’il mangeait le petit déjeuner dans cette cuisine. Les minutes passèrent sans qu’il se rende compte. Et puis, l’heure fatidique arriva. Il alla chercher sa valise, regarda une dernière fois la maison avant de claquer la porte. Il s’engouffra dans la voiture blanche et quand il entendit la moteur démarrer, il ne pût chasser une larme qui coula le long de sa joue. Arrivée au lycée. Grand moment de solitude. L’adolescent prit sa valise dans le coffre et regarda une dernière fois sa tutrice qui fondit en larmes. Il ne pût s’empêcher de la prendre dans ses bras. Elle, jeune et pourtant usée par la vie, qui avait tout perdu dans un incendie meurtrier; sa sœur, son beau-frère, son neveu. La dernière chose qui lui restait la serrait dans ses bras; c’était June. Lui, ne se rendait pas compte du vide immense qu’il allait laisser, lui qui croyait qu’elle en avait marre de lui et qui pensait qu’elle le jetait. Mais en cet instant, pendant cette accolade familiale, tous deux pensaient à ce qu’ils avaient vécut que ce soit ensemble ou pas. Ils sentaient battre leur cœur à l’unisson. Et quand tous deux rompirent cette étreinte, ils se promirent de se revoir, que ce soit le soir même, dans une semaine, dans un mois, dans un an ou dans bien plus longtemps encore, quand ils seraient vieux et déformés par le temps mais ils se reverraient. Ensemble. Sans se soucier du lendemain, comme si plus rien n’avait d’importance, comme si rien n’avait été emporté par les flammes, comme si tous leurs malheurs n’avaient jamais été présents. Comme si de rien n’était, ils ne diraient rien, s’étreindraient, dans un silence magnifique qui ne méritait aucune parole, comme en cet instant. Mais au fond d’eux chacun se dit:


« Je te reverrais, je t’en fais la promesse. Et si je ne la tiens pas, je ne suis digne que d’aller rejoindre ceux qui ont trouvé la mort et à qui nous devons tant .»

The End Of My Life
And The Begin Of The New

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MessageSujet: Re: June, fiche deux | En cours de construction |   Jeu 10 Juin - 0:27

Crédits Musicaux
En vrac~


    Le Tango de Roxanne - Le Moulin Rouge
    Listen to the rain - Evanescence
    Lullaby - Hypnogaja
    Halluljah - Jeff Bucley
    Garden - Akira Kosemura
    Careless Breath - Exile
    Cathar Rhytm - Era
    Hane - Air TV
    Evenstar - Le Seigneur des Anneaux II OST
    Haibane Renmei - Haneone ailes grises
    Requiem Lacrimosa - Wolfgang Amadeus Mozart
    Howl's moving castle main theme - Joe Hisaishi
    Falling Awake - Gary Jules
    Sonate au clair de lune - Beethoven
    Cassis - ThE GazettE
    Sugizo syncrhonicity - Soundtrack
    Soundscape to ardor - Shoji Meguro
    Forgotten sanctuary - Yuki Kajiura
    3ème sexe - Indochine
    Coma White - Marilyn Manson
    Lucifer's Angel - The Rasmus
    The mass - Era
    Lovely - Michelle Tumes
    Our solemn hour - Within temptation
    My body is a cage - Sarah Lov
    To Zanarkand - FF X Soundtrack
    Yamiyo no prologue - Mai Hime OST
    Only you - Joshua Radin
    Still Doll ~ Orgel version ~ - Kanon Wakeshima
    Million Tears - Groove Coverage
    Head around you - Offspring
    Sally's song - Nightmare before christmas
    Honey - The Hush Sound
    Satori Maiden "3rd eye" Perfusion
    Europa - Globus
    Black Cat - Ladytron
    Si deus me relinquit - Iwasaki Taku
    Evacuating Londo - Harry Gregson - Williams
    La boulage - Yann Tiersen
    Mononoke Hime Vocal - Mera Yoshizaku Mononoke Hime OST
    This is the new shit - Marilyn Manson
    Something - Escape the Fate
    風の踊り子【鏡音レンオリジナル曲】 (Moon Danser - Len Kagamine)
    I'll Take You - Fairchild
    Summer - Joe Hisaishi
    Guest List - Simplyd4rk
    Discombobulate - Hans Zimmer
    Gerbera - MUCC
    Nocturnal Romance - Moi dix mois
    Down and Out - Tantric
    Zero Gravity - David Archuleta
    Unmei - Strawberry Panic OST
    Europa - Globus
    Last Scene - Rentrer en soi
    Daydreamin - Sukisyo Ending
    Answer - Yanagi Renji (Miles Edgeworth)
    Epicon - Immediate
    Melody in the sky - Clear
    【歌ってみた】( Letter song - Ene)
    25 millions - Edward Chun
    【鏡音レン】 ヘタ恋歌 - Len Kagamine
    DIVE TO WORLD - CHERRYBLOSSOM
    Reborn - Era
    I won't see you tonight - Avenged Sevenfold
    Listen to the rain - Evanescence
    Canterella - Kaito & Miku
    Nocturne C# Min op. postuma - Chopin

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